Calendrier des prochaines formations

Formation diplômante d’hypnothérapeute en hypnose ericksonienne

Un nouveau cursus complet débutera en 2012. Vous avez le choix entre une formation en week-end et une formation intensive en 4 modules de 5 jours. Toutes les informations sont disponibles sur le site. La brochure détaillée vous présente la formation, ses objectifs, ses modules et toutes les informations pratiques tel que les dates et le prix. Téléchargez la brochure en > cliquant ici <

 

Les bases de l’hypnose ericksonienne

du 4 au 6 novembre 2011 en région neuchâteloise, Suisse.

Avez-vous envie de découvrir l’hypnose ericksonienne ? Ce stage est pour vous. En plus, si, par la suite, vous décidez de continuer avec la formation complète de 20 jours, le prix de cette formation vous sera remboursé à 100%. Le programme de ce stage ainsi que les informations pratiques en cliquant ici <

 

L’art du conte et de la métaphore

du 25 au 17 novembre 2011 en région neuchâteloise, Suisse

Quelle que soit son origine ou sa culture, depuis la nuit des temps, l’être humain a raconté des histoires. Récits de voyage, fables fantastiques ou anecdotes du quotidien, chaque histoire a le pouvoir d’inspirer, de libérer voire même de guérir le coeur, le corps et l’âme. Le programme de ce stage ainsi que les informations pratiques en cliquant ici <

 

La Voix du Coeur

du 2 au 4 décembre 2011 en région neuchâteloise, Suisse

pour vivre une expérience mémorable et révélatrice de reconnexion aux différentes dimensions de votre Soi : votre corps, votre esprit, votre coeur et à votre âme. Par des pratiques simples et accessibles à tous, retrouvez la sensation intense d’être intensément vivant. Le programme de ce stage ainsi que les informations pratiques en cliquant ici <

 

 

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La quête de Soi

Ou comment retrouver la voix de son âme ?

L’être humain que nous sommes possède cette particularité d’avoir besoin de donner du sens à son existence. Autrement dit, il a besoin de savoir “Pour…Quoi” il vit. A ce titre, il est certainement l’une des seules espèces vivantes sur terre à être habité de cette quête.

Qui n’a jamais dit ou entendu dire  : 

j’ai tout pour être heureux(se). J’ai un travail qui me permet de bien gagner ma vie, j’ai une famille qui m’aime et qui est en bonne santé, j’ai une maison confortable et je peux même partir en vacances régulièrement. Malgré tout cela, je ressens un mal-être diffus, comme un vide, et j’ai l’impression d’être à moitié vivant(e)…

Ce type de discours, je l’entends malheureusement trop souvent et il exprime une souffrance intérieure authentique. En effet, le bonheur humain et le sentiment d’être pleinement vivant ne dépend pas uniquement de l’environnement, des autres et des réussites. Pour se sentir intensément vivant et heureux de l’être, l’humain a besoin d’être rellié à ses aspirations profondes et d’avoir le sentiment de contribuer à ce qui a du sens pour lui.

Qu’on la nomme “voix de son âme”, “flamme intérieure”, “intuition”, “Soi profond” ou autrement encore, elle représente la même partie de l’Être. Celle qui connaît et exprime nos aspirations les plus profondes. Lorsque, à travers les activités du quotidien, cette partie de l’Être ne peut pas réaliser ses aspirations profondes, la personne ressent un mal-être diffus qui ressemble souvent à un sentiment de manque ou de vide. En étant déconnecté de notre Soi profond, nous sommes comme un grand arbre sans racine, imposant en surface et vulnérable à l’intérieur.

Alors que j’étais en train de rédiger ces lignes, j’ai appris la mort de Steve Jobs (fondateur de la société Apple avec son iMac, iPod, iPhone et autre iPad). Parti d’absolument rien (il n’a jamais terminé ses études et ses parents adoptifs étaient de condition modeste), Steve Jobs a puisé dans sa passion et sa créativité les ressources pour réaliser ses rêves. L’annonce de son décès m’incita à réécouter un discours qu’il donna, en 2005, à des étudiants fraîchement diplômés d’une des universités les plus prestigieuses des Etats-Unis (Stanford University). A cette occasion, il leur a dit :

Votre temps est limité, ne le gâchez pas en menant une existence qui n’est pas la vôtre. Ne soyez pas prisonnier des dogmes qui obligent à vivre en obéissant à la pensée d’autrui. Ne laissez pas le brouhaha extérieur étouffer votre voix intérieure. Ayez le courage de suivre votre coeur et votre intuition. L’un et l’autre savent ce que vous voulez réellement devenir. Le reste est secondaire.

Durant leurs longues années d’études prestigieuses, ces jeunes diplômés avaient été conditionnés dans le moule du “prêt-à-penser”. Grâce à tout ce qu’ils avaient appris, ils savaient parfaitement ce qu’ils avaient à faire pour être conformes à ce que l’on attendait d’eux, décrocher un bon travail, gagner de l’argent et mener une vie confortable. Malheureusement, on ne leur avait jamais enseigné l’art d’écouter leur voix intérieure, de se poser les questions qui donnent accès à la voix de leur âme et de cultiver le courage permettant de devenir qui l’on est vraiment.

Naturellement, l’objectif n’est pas de verser dans l’autre extrême et d’adopter une sorte d’insouciance angélique qui ignorerait les réalités et les exigences du monde dans lequel nous vivons. Le but est de pouvoir rester au plus près de soi-même et de nos aspirations tout en étant suffisamment souple pour intégrer les contingences de notre environnement.

Tant ma pratique professionnelle que mon évolution personnelle me conduisent vers la même conclusion : les principales causes de souffrance du monde occidental (stress, dépression, angoisse et douleurs psychosomatiques) trouvent leur origine dans la déconnexion du Soi profond. Je crois qu’il devient urgent et impératif d’oeuvrer à ce que chaque personne puisse se reconnecter à elle-même, à ses racines, pour offrir le meilleur d’elle-même au monde. Les personnes comme le monde en ont grandement besoin.

Lao Tseu a dit : “un voyage de mille lieues commence toujours par un pas“.

Comme premier pas dans cette quête de Soi, je vous propose 3 questions fondamentales. Contrairement à ce que vous avez pu apprendre à l’école, la réponse n’est pas le but d’une bonne question. L’objectif d’une bonne question est de vous mettre en réflexion, de stimuler les formidables ressources créatives et imaginatives de votre cerveau. Par conséquent, ne répondez surtout pas trop vite à ces questions. Laissez-leur le temps de faire naître une réflexion profonde en vous. Comme la graine semée dans une terre fertile a besoin de plusieurs semaines avant de percer la surface, conservez ces questions en vous. Avant de vous endormir, faites revenir ces questions à votre esprit. Le sommeil et les rêves constituent un très bon moyen d’être en contact avec la voix de son âme.

3 Questions Fondamentales :

  1. A quoi est-ce que je crois profondément ?
  2. Quelles sont mes motivations les plus puissantes ?
  3. Quelle est la femme (quel est l’homme) que je veux devenir ?

Si l’idée de noter ces 3 questions dans un “carnet de bord” vous tente, alors sentez-vous libre de le faire.

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Voyage d’une nuit…

Poème en musique de Denis Jaccard

Ce poème évoque le voyage vers Soi à la découverte de la voix de son âme.

Voyage d’une nuit by Denis Jaccard

Si le lecteur audio qui vous permet d’écouter ce poème ne s’affiche pas ci-dessus,
cliquez sur le lien ci-dessous :
Poème en musique “Voyage d’une nuit…”

VOYAGE D’UNE NUIT par Denis Jaccard

Dans le rétroviseur du temps qui passe
Je vois les dernières lueurs rougeoyantes d’un soleil couchant
Face à moi s’ouvre un chemin, voie sans impasse
Le sentier qui traverse la nuit pour rejoindre un soleil levant
Passage initiatique reliant hier à demain
Corridor nocturne conduisant des regrets aux souhaits
Dans l’obscurité du futur infini, les astres brillent
A la surface de l’étang de l’avenir les étoiles se reflètent
Sous mes yeux éblouis par la surprise de la découverte
Les contours de la voûte céleste dessinent la carte au trésor
Le plan secret guidant aux portes du Graal ancestral
Aventurier des songes perdus, mes pas guident mon imaginaire
D’étoiles en étoiles, de constellations en constellation
Dans l’inconnu, je me laisse aiguillé par le chemin scintillant
Mes mains caressent le reflet de mes rêves illégaux
Mes oreilles suspendues aux lèvres de la voix de mon âme
Chaque inspiration de chaque souffle éveille l’endormie passion
Chaque battement de mon cœur tisse les fils de l’espoir
L’ardeur féconde de mes idéaux coud les pièces du nouvel habit
Mirage après mirage, je me libère de mon ancienne peau
Quitter le déguisement du passé pour revivre dans l’idéal du renouveau
A l’instant où resplendit le premier rayon de sa lumière flamboyante
Sur la peau de mon corps nu comme lors de ma première naissance
La parure peinte d’or par le pinceau lumineux de l’étoile filante
Drapé du miracle de mon voyage cosmique, je reviens dans l’existence
Dans l’éclat de sa présence ouvrant les portes d’un jour nouveau, je reviens
Riche d’une fortune qu’aucune somme d’argent ne peut se payer
Dans la danse des saisons ravitaillant le grand cycle de la vie, je reviens
Riche d’une vitalité qu’aucun médicament ne peut m’apporter
Dans ce monde qui a tant besoin de pouvoir y croire à nouveau, je reviens
Riche de la flamme inspirante, ferveur qui guide au-delà des montagnes
Riche de la passion créatrice, exaltation qui porte au-delà des limites

© 2010, Denis Jaccard
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La Gratitude

La peur de manquer et son impact sur notre vie…

Dès les premiers instants sur terre, notre énergie de vie a été stimulée par la peur de manquer. Puisque nous naissons complètement dépendant des autres pour survivre (nourriture, protection, amour), notre autonomie est extrêmement limitée. De ce fait, il est logique que nous soyons habités par la peur de manquer de ces ressources dont nous avons besoin chaque jour.

Au fur et à mesure de notre croissance et de notre développement, notre niveau d’autonomie s’accroit et nous pouvons profiter d’un sentiment de liberté de plus en plus grand. En apprenant à marcher, nous devenons capable de nous déplacer seul sans avoir besoin de quiconque. De même que l’apprentissage de la parole nous offre des possibilités de communication qui libèrent et ouvrent de nouveaux horizons. Malheureusement, de nouvelles peurs de manquer prennent très vite la relève. Alors que les premières sont fondées sur des instincts de survie fondamentaux, les nouvelles peurs de manquer sont engendrées par les règles sociales et les pressions associées à l’environnement.

Par exemple, la peur d’échouer va apparaître en même temps que les premières épreuves (scolaire, sportive ou autre). Avec la création des premiers liens sociaux, l’enfant peut ressentir la peur de manquer d’amis et de se sentir rejeté. Plus il grandit et plus les peurs de manquer peuvent se diversifier. En voici quelques exemples parmi celles que j’entends le plus souvent exprimées en consultation :

  • La peur de manquer de temps
  • La peur de manquer d’argent
  • La peur de manquer de reconnaissance/considération
  • La peur de manquer de confiance
  • La peur de manquer de motivation
  • La peur de manquer d’énergie
  • La peur de manquer de santé (peur de la maladie)
  • La peur de manquer d’amour
  • La peur que notre vie manque de sens
  • Etc.

Même si, raisonnablement, on peut considérer certaines peurs comme étant plus logiques que d’autres, il est important de se souvenir que la part de notre cerveau qui gère nos émotions ne fait pas la distinction entre le logique et l’illogique. Chaque jour, je reçois, à mon cabinet, des personnes qui, désespérées, me disent : “Je sais bien que ma peur n’est pas réelle et que je n’ai pas vraiment de raison d’avoir peur. En même temps, je ne peux pas m’empêcher de me sentir comme bloqué, paralysé, par cette peur…”

Tant que la peur reste comme une sorte d’aiguillon léger qui nous stimule et nous pousse à agir, elle est bénéfique. Dès le moment où la peur devient génératrice d’angoisse, de stress, de “paralysie” et d’impuissance, elle s’avère néfaste pour le corps comme pour l’esprit.

Comment la gratitude peut-elle aider ?

C’est bien connu, l’état de l’esprit humain (créativité, joie, colère, peur, etc.) est conditionné par 2 paramètres importants :

  1. Ce sur quoi l’esprit dirige son attention et ses pensées
  2. Les “filtres” qu’il utilise pour interpréter ce sur quoi il dirige son attention et ses pensées

Si je pense constamment à ce que je risque de perdre ou à ce qui manque dans ma vie, il y a de grandes chances que je me sente angoissé et/ou frustré. Si, en plus, j’observe mon environnement avec l’intention d’identifier toutes celles et tout ceux qui ont ce que je n’ai pas et qui me manque, il est certain que mon sentiment de frustration grandisse encore qu’il se transforme en tristesse ou en révolte.

Avant de pratiquer la gratitude comme moyen de vivre davantage de plénitude et de sérénité dans votre vie, il est primordial de commencer par accepter le principe suivant :

La gratitude ne change en rien le monde dans lequel vous vivez comme elle ne va pas vous offrir. Elle ne va pas vous offrir, comme par miracle, ce que vous désirez et que vous ne possédez pas.

La gratitude vous offre une perception renouvelée de tout ce que vous avez déjà et dont vous ne profitez plus. La pratique de la gratitude vous permet de porter un regard neuf sur tout comme si vous pouviez à nouveau vous émerveiller des choses les plus simples. L’objectif n’est pas d’ignorer ce qui peut nous manquer ou que nous pouvons avoir peur de manquer. L’objectif est de pouvoir apprécier plus intensément ce que nous avons. Par exemple, la gratitude peut me permettre d’apprécier avec davantage de conscience la vie et la vitalité qui coule à travers mon corps dans l’instant présent tout en restant parfaitement conscient que la santé est un bien fragile.

A titre d’exemple, j’aimerais vous inviter à imaginer une pièce plongée dans l’obscurité et dans laquelle brille une seule et unique frêle bougie. Vous, seul(e) dans cette pièce sombre, vous portez votre attention sur toute l’obscurité présente et l’impossibilité de vous déplacer rapidement dans cette pièce sous peine de vous blesser en vous cognant à un obstacle que vos yeux n’auraient pas pu voir du fait de la nuit. En plus, votre esprit ne peut s’empêcher d’observer avec inquiétude la fragilité de la bougie. Si jamais elle venait à s’éteindre, vous n’auriez rien pour la rallumer et vous seriez prisonnier de l’obscurité. En seulement quelques instants l’angoisse et le stress vous envahissent. Votre esprit s’agite et devient de plus en plus figé, comme bloqué par la peur.

Maintenant, imaginez que vous vous installez prudemment à un endroit d’où vous pouvez observer la frêle bougie. Regardez sa flamme vivre et danser comme si vous pouviez voir une bougie briller pour la première fois. Mentalement, vous remerciez cette bougie pour sa présence, sa lumière et sa chaleur. Alors que vos yeux continuent à admirer l’incroyable beauté d’une bougie qui vit et qui respire, vous pouvez prendre conscience que vous êtes capable de l’observer et de l’admirer grâce à vos yeux. Pour un “bien voyant”, quoi de plus normal que d’être capable de voir le monde qui nous entoure et une bougie qui brille. Pourtant, avez-vous conscience du privilège que cela est de pouvoir voir ? Depuis quand n’avez-vous pas exprimé votre gratitude à vos yeux qui vous offrent le privilège de voir et de vous déplacer comme vous le faites quotidiennement sans même y penser ? En même temps que vous exprimez votre gratitude à vos yeux, vous pouvez repenser à tous ces enfants, à toutes ces femmes et à tous ces hommes qui vivent quotidiennement dans l’obscurité de leurs yeux aveugles. S’ils étaient à votre place dans cette pièce est-ce qu’ils s’inquiéteraient de savoir si cette bougie allait s’éteindre ? Bien sûr que non puisqu’ils ont appris à vivre, à se déplacer et à apprécier la vie dans l’obscurité…

En cultivant la gratitude, il est parfois étonnant de découvrir à quel point tout peut prendre une dimension nouvelle.

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Je veux dire… Merci

Un poème écrit pour exprimer ma gratitude à la vie et aux personnes magnifiques qu’elle me permet de rencontrer chaque jour.

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L’enfant et le bonhomme hiver

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Lorsque je l’ai rencontré et qu’il m’a raconté son histoire, il venait de fêter ses 9 ans mais ça, je ne l’ai su que bien plus tard. Ce jour-là, j’étais installé sur mon banc favori du parc public. Enmitoufflé dans ma doudoune et méconnaissable, la tête recouverte de mon bonnet, je prenais l’air après une matinée riche et intense. Lorsqu’il ne reste plus une seule feuille accrochée aux branches et que des flocons virevoltent dans le ciel gris, les bancs publics sont désertés. Une chance pour moi qui aime avoir le choix de m’installer là où j’en ai envie.

Aux alentours, les éclairages publics comme l’effervescence autour des grands magasins ne laissaient aucun doute : c’est bientôt l’arrivée de Noël. De ces rendez-vous annuels qu’il est impossible de manquer même si l’on est vraiment très distrait.

Absorbé dans mes pensées, je revivais mes séances de travail du matin. Mon travail d’hypnothérapeute m’offre le privilège d’accueillir, chaque jour, des personnes qui viennent me consulter pour me raconter leur vie passée et leurs rêves futurs. Très souvent, ils arrivent chez moi avec le besoin de se libérer d’un fardeau et le désir de pouvoir construire un avenir plus serein et plus heureux.

Accaparés par mes souvenirs, je ne l’avais pas entendu s’asseoir sur le même banc que moi.

- Monsieur, est-ce que vous avez un mouchoir s’il-vous-plaît ?

Sa question me fait sursauter et je le regarde supris comme s’il était tombé là d’une autre planète. Il me faut quelques secondes pour repprendre mes esprits.

- Tu m’as supris… Je ne t’avais pas entendu t’installer à côté de moi.

Sans même y réfléchir consciemment, mes mains se mettent à fouiller mes poches à la recherche du mouchoir demandé. A voir l’état de son nez, la demanche était urgente.

- Il semblerait que tu aies de la chance, tiens.

Je lui tends mon paquet de mouchoirs en papier dans lequel il n’en reste plus qu’un. Très vite, il s’en saisit et se mouche bruyament. Une fois terminé, il me le rend en me disant :

- Merci M’sieur.

Je souris et, sans rien dire, je le libère de cet objet devenu encombrant. Il lève ses yeux vers le ciel. Je me souviens, qu’à son âge, je me réjouissais toujours de voir des flocons de neige tomber, surtout lorsque c’était les premiers de l’année. La seule idée de pouvoir jouer dans la neige me rendait tout heureux.

- Tu te réjouis de pouvoir faire ton premier bonhomme de neige de l’année ?

Avec une évidente fierté, il me répond :

- Aux vacances d’automne, j’ai déjà fait un énorme bonhomme de neige avec mon papa.

Naturellement intrigué par sa réponse, je lui demande où est-ce qu’ils ont trouvé de la neige au mois d’octobre. A l’instant de me raconter son histoire, son regard s’illumine de de la joie des souvenirs d’enfance qui marquent toute une vie.

- Avec mon papa, on est parti en vacances au bord de la mer. C’était la première fois que je partais avec seulement mon papa en vacances. On a pris l’avion et on est allé dans un endroit trop incroyable. Le matin, lorsqu’on ouvrait les rideaux de la chambre, il faisait toujours beau. Chaque jour, on était obligé de mettre de la crème solaire pour éviter de prendre des coups de soleil. Devant l’hôtel où on dormait, il y avait une grande piscine et la mer. Moi, je préfèrais aller à la mer parce qu’il y avait le sable et les vagues. Pendant que mon papa lisait moi je jouais toute la journée à sauter dans les vagues et à construire des châteaux de sable. C’était vraiment trop bien.

Un jour, mon papa a posé son grand livre avec des centaines de pages et il m’a dit : “viens, on va faire un truc incroyable. Tu verras, tout le monde s’arrêtera pour admirer ce que nous aurons construit ensemble”. On a rassemblé tous mes outils pour fabriquer des châteaux de sable. Il y avait 2 pelles, 2 seaux et des moules pour faire des formes. Mon papa a dit qu’on pouvait mettre de côté les moules pour faire des formes car elles étaient inutiles. On a commencé par rassembler le plus de sable possible. Avec mon seau, je suis parti chercher du sable tout autour de nous pour former un très gros tas de sable. Papa aussi utilisait son seau pour rassembler le plus de sable possible. Lorsque le tas de sable était déjà bien haut mon papa m’a dit d’aller chercher de l’eau à la mer pour mouiller le sable pendant qu’il continuait à aller chercher encore plus de sable. Heureusement, l’eau de la mer était chaude et je pouvais facilement entrer dedans pour remplir mon seau. On a mis beaucoup de temps pour avoir un très grand tas de sable.

A chaque fois que je demandais à papa pourquoi on rassemblait autant de sable, il me disait : “pshht… c’est un secret. Tu le découvriras quand au aura terminé”.

Quand le tas était presque autant haut que moi, papa m’a annoncé, tout exicté : “maitenant, on peut commencer à sculpter”. Mon papa travaille dans les bureaux et avec des ordinateurs. Ses doigts bougent très vite sur les touches du clavier mais je ne les avais encore jamais vus sculpter. On a commencé à tourner autour de notre énorme tas de sable pour en faire comme une sorte de très grosse patate. Très souvent papa me demandait d’aller chercher de l’eau à la mer pour mouiller le sable et faire que notre sculpture reste bien solide. Cela faisait vraiment très longtemps que je n’avais plus vu mon papa aussi heureux à faire quelque chose.

De plus en plus de gens sur la plage s’arrêtaient pour nous regarder. Il faut dire que notre “patate” était vraiment très grande. Même le monsieur qui surveille la plage depuis sa cabane en bois est venu nous regarder sculpter. Lorsque, enfin notre patate de sable avait une forme bien ovale, mon papa a crié à haute voix : “Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, le temps est venu de lui donner naissance…”. Je n’y comprenais vraiment rien. Il m’a regardé et il m’a dit : “mon fils, es-tu prêt à donner naissance au premier bonhomme de sable ?”. Je lui ai répondu : “je suis prêt papa”. Avec nos 2 petites pelles à sable, on a gratté dans notre grande patate pour former les jambes, le corps et la tête de notre bonhomme de sable. Avec des coquillages, on lui a fait les boutons de sa veste et la bouche. Une dame nous a dit : “j’ai une idée, regardez” et elle partie chercher une branche de palmier séchée qui trainait sur la dune au bord de la plage. Notre bonhomme de sable avait maintenant son balai. Une autre perso

nne nous a apporté deux petites boules brunes que la mer rejette comme des déchets. Nous avions les yeux.

Notre bonhomme de sable était le plus beau bonhomme de sable que je n’avais jamais vu. C’est à ce moment-là qu’on a entendu une voix crier : “je les ai trouvés… je les ai trouvés…”. C’était le monsieur de la plage qui sortait de sa vieille cabane en bois avec un chapeau noir et une écharpe rouge. Cette fois, c’était vraiment un bonhomme hiver de sable. Tout le monde qui était là a applaudi et on a tous dansé en riant autour de notre magnifique bonhomme.

Mon papa m’a pris dans ses bras, il avait les yeux qui brillaient et il m’a dit : “grave ce moment dans ta mémoire pour t’en souvenir. Même si les instants de bonheur ont toujours une fin, dans la mémoire ils vivent toujours”.

On a même pris des photos. J’en ai toujours une sur moi pour me souvenir et garder ce moment de bonheur avec moi. Vous voulez la voir ?”

Bonhomme hiver de sable

L’enfant a sorti une image de sa poche et me l’a tendue. C’était la première fois de ma vie que je voyais un bonhomme hiver de sable et, ce qui est certain, c’est que je m’en souviendrai toujours.

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Voyage d’une nuit

Un poème à propos du voyage de la vie et des ponts qui nous permettent de traverser du passé qui n’est plus vers le futur en devenir.

 

VOYAGE D’UNE NUIT

Dans le rétroviseur du temps qui passe

Je vois les dernières lueurs rougeoyantes d’un soleil couchant

Face à moi s’ouvre un chemin, voie sans impasse

Le sentier qui traverse la nuit pour rejoindre un soleil levant

Passage initiatique reliant hier à demain

Corridor nocturne conduisant des regrets aux souhaits

Dans l’obscurité du futur infini, les astres brillent

A la surface de l’étang de l’avenir les étoiles se reflètent

Sous mes yeux éblouis par la surprise de la découverte

Les contours de la voûte céleste dessinent la carte au trésor

Le plan secret guidant aux portes du Graal ancestral

Aventurier des songes perdus, mes pas guident mon imaginaire

D’étoiles en étoiles, de constellations en constellation

Dans l’inconnu, je me laisse aiguillé par le chemin scintillant

Mes mains caressent le reflet de mes rêves illégaux

Mes oreilles suspendues aux lèvres de la voix de mon âme

Chaque inspiration de chaque souffle éveil l’endormie passion

Chaque battement de mon cœur tisse les fils de l’espoir

L’ardeur féconde de mes idéaux coud les pièces du nouvel habit

Mirages après mirages, je me libère de mon ancienne peau

Quitter le déguisement du passé pour revivre dans l’idéal du renouveau

A l’instant où resplendit les premiers rayons de sa lumière flamboyante

Sur la peau de mon corps nu comme lors de ma première naissance

La parure peinte d’or par le pinceau lumineux de l’étoile filante

Draper du miracle de mon voyage cosmique, je reviens dans l’existence

Dans l’éclat de sa présence ouvrant les portes d’un jour nouveau, je reviens

Riche d’une fortune qu’aucune somme d’argent ne peut se payer

Dans la danse des saisons ravitaillant le grand cycle de la vie, je reviens

Riche d’une vitalité qu’aucun médicament ne peut m’apporter

Dans ce monde qui a tant besoin de pouvoir y croire à nouveau, je reviens

Riche de la flamme inspirante, ferveur qui guide au-delà des montagnes

Riche de la passion créatrice, exaltation qui porte au-delà des limites

© 2010, Denis Jaccard

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Souvenirs d’un jeune vigneron

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C’était le début du mois de juillet. Dans la fournaise des premiers jours de canicule,  je travaillais la vigne.  Je me souviens…

Cette année restera à jamais gravée dans ma mémoire car c’est la première fois que je m’occupe seul de nos terres. L’hiver passé, mon père est tombé gravement malade. Même si, aujourd’hui, il est hors de danger, son état de santé exclut qu’il se lève pour venir m’aider. Trois années durant, auprès de lui, j’ai appris le métier de vigneron. Jours après jours, en l’observant exercer son art, j’ai découvert les gestes ancestraux de la vigne. Il m’a appris à voir la vigne comme un être vivant. A chaque printemps, elle se réveille de son long sommeil pour se préparer à nous offrir son fruit : le raisin. Il m’a également enseigné l’art d’écouter les voix du vent qui annoncent les changements du ciel. Surtout, il m’a initié à la langue de la terre, celle qui s’exprime sans parole et qui parle aux tréfonds du corps, les sens grands ouverts.

Le printemps a été particulièrement bon pour la vigne. Le parfait mélange de soleil, de pluie et de chaleur a permis aux rameaux de grandir avec force et vigueur. Sur chaque sarment, les pousses des futures grappes, très nombreuses, se préparent à mûrir sous le soleil de l’été. Ce spectacle est d’autant plus réjouissant que les récoltes des années précédentes ont été plus que mauvaises. Dans la région, on avait fini par croire que le sort s’acharnait sur nous et qu’il valait mieux tout abandonner. D’ailleurs, quelques vignerons fatigués ont préféré prendre une retraite bien méritée et vendre leur terre. Aujourd’hui, sur ces terrains, les immeubles et les maisons ont pris la place des pieds de vigne. Heureusement, tout cela n’est plus qu’un mauvais souvenir et la vendange de l’automne s’annonce sous les meilleurs auspices.

Ce soir, père a pu se lever de son lit et venir prendre le repas à table. Cela faisait tellement longtemps que j’en avais oublié la date du dernier jour où il avait pu être parmi nous et partager. Naturellement, je lui ai parlé de la vigne, de la fierté que j’ai à poursuivre son œuvre, de la météo idéale du printemps et, surtout, des grappes nombreuses, sur chaque sarment, qui se préparent à mûrir. J’étais tellement heureux de lui annoncer ces bonnes nouvelles que sa réponse a agit sur moi comme une douche froide.

Dès demain, tu prendras ton sécateur et tu éclairciras la vigne. Ne laisse pas plus de 6 grappes par sarment !

Ma parole va plus vite que ma pensée et je m’entends lui répondre.

Mais tu es devenu fou, ma parole. Toutes ces années passées, nous n’avions qu’un seul souhait : que la vigne donne plus, que le nombre de grappes augmente. Aujourd’hui que, enfin, notre souhait est exaucé, tu me demandes de supprimer des grappes avant même qu’elles aient eu le temps de mûrir. Papa réfléchit un peu…

Autour de la table, un silence implacable s’installe. Toutes les autres personnes présentes, ma mère, ma sœur, mon frère et même mon oncle qui s’était joint à nous pour célébrer le retour de père à table, tous me fixent d’un air béat, la bouche ouverte. Pour la première fois, j’ose contredire mon père à propos de la vigne. L’appréhension s’empare de moi dans l’attente de sa réaction. Je continue à penser que j’ai raison mais est-ce une raison suffisante pour lui parler sur ce ton et le prendre pour un demeuré qui a perdu la tête ?

Dans l’attente de sa réponse, le silence semble durer une éternité.

Eh bien dis donc, mon fils… tu n’y vas pas avec la dos de la cuillère. Il y a quelques mois, je t’aurais certainement puni pour avoir osé me parler sur ce ton et avec cette insolence. Mais les temps changent, la maladie, la mort, l’engagement avec lequel tu t’occupes de la vigne…

Il se tait. Pour la première fois, j’ai l’impression de le voir réfléchir aux paroles qu’il va prononcer.

Ton assurance sculptée à la hache me fait plaisir à voir

Il sourit en m’observant. Le soulagement et la surprise doivent se lire sur les traits de mon visage. Autour de la table, la tension se relâche d’un coup. Tout le monde semble reprendre son souffle en même temps. Il poursuit.

Pendant 3 ans, nous avons cultivé la vigne ensemble. Pendant 3 ans, nous avons partagé l’incertitude et le manque. Pendant 3 ans, nous avons affronté les caprices de la météo et tout fait dans l’espoir d’aider la terre à donner davantage. Pendant 3 ans, les rêves d’une vendange belle et abondante ont grandi en toi. Aujourd’hui, pour toi, ces rêves sont en train de se réaliser et je te demande de condamner des grappes. Il y a vraiment de quoi supposer que je suis devenu complètement fou.

As-tu déjà imaginé l’énergie qu’il faut à un sarment pour faire pousser une seule grappe de raisin ? Si tu laisses toutes les grappes, le sarment va progressivement s’épuiser et les grains composant chaque grappe seront petits et sans chair. Au contraire, si tu éclaircis la vigne et que tu supprimes quelques grappes sur chaque sarment, tu permettras à chaque grappe et à chaque grain de raisin de recevoir davantage d’énergie pour se développer et grandir. La force de vie et de croissance présente dans chaque sarment n’est pas infinie. En choisissant de supprimer quelques grappes, tu respectes cette force de vie.

Tout à coup, cela prend un tout autre sens. Une question vitale s’impose à moi.

Comment choisir les grappes qui donneront plus de grains bien charnus ?

Il hésite avant de répondre.

Je ne sais pas. Tes yeux, naturellement, t’aideront à découvrir quelles sont les grappes qui sont, déjà maintenant, plus petites. Tu pourras également choisir, comme certains le conseillent, de conserver les grappes qui sont plus proches des racines. Mais, dans l’absolu, je ne sais pas et je ne peux pas t’expliquer comment choisir. Plus d’une fois, tu te retrouveras face à deux grappes presque identiques et tu auras à choisir laquelle conserver et laquelle supprimer. Tu ne peux pas savoir ce que l’une et l’autre peuvent donner, leur potentiel. Seul le futur pourrait te permettre de le savoir mais tu devras choisir dans le présent. A chaque fois que tu refermeras ton sécateur sur la tige d’une grappe pour la supprimer, tu prendras le risque de te tromper. Et si tu ne prends pas le risque de te tromper, c’est toutes les autres grappes que tu condamnes.

Denis Jaccard

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Un guide pour apprendre à méditer

La méditation de pleine conscience est très similaire à l’hypnose ericksonienne. Très souvent, je recommande à mes clients, après une séance d’hypnose, de pratiquer la méditation de pleine conscience pour continuer à cultiver les changements initiés par le travail hypnotique.

Depuis quelques années, la méditation fait l’objet de nombreuses études scientifiques afin de découvrir l’impact réel de la méditation sur le cerveau. Grâce aux technologies d’imagerie les plus modernes, il est possible d’observer l’activité neurologique et les changements initiés par certaines pratiques comme la méditation.

Avec le livre que je vous propose ci-dessous, découvrez ce qu’est réellement la méditation de façon pragmatique et adaptée à notre culture. En plus, ce livre est accompagné d’un CD qui vous guidera de façon confortable et sécurisante dans vos méditations.

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Une métaphore inspirante

Au pays des notes

Vous désirez simplement vous laisser porter par cette métaphore en l’écoutant, cliquez ci-dessous :

En ce temps-là, au pays du papier à musique, les temps étaient sombres et difficiles. Et même si la page resplendissait d’un blanc immaculé et que les lignes de la portée, tendues à la perfection, affichaient une assurance insolente, la cohabition ressemblait davantage à une guerre des tranchées qu’à une symphonie heureuse.

Les rivalités étaient nombreuses et variées. D’un côté, il y avait les notes et leur désir de prouver combien leur voix est belle. D’un autre côté, il y avait les silences et leur volonté d’instaurer un peu de calme dans ce monde agité et bruyant.

De plus, des disputes importantes sévissaient au sein même du clan des notes. D’une part, il y avait les notes, différentes, le Do, le Do dièse, le Rè, le Ré dièse, etcétéra, jusqu’au Si . Chacune voulait démontrer sa supériorité par rapport aux autres. Puisque résonner, vibrer, chanter est la seule chose qu’une note sache faire, chacune cherchait à résonner, vibrer, chanter plus fort que toutes les autres pour simplement être entendues et exister.

D’autre part, il y avait le ryhtme des notes. La ronde qui dure deux fois plus longtemps que la blanche, la noire qui est 4 fois plus rapide que la ronde. Sans parler de la croche, de la double-croche et même de la triple-croche et du triolet. Je suis certain que vous pouvez aisément imaginer les disputes interminables pour prouver l’improuvable, pour prouver que l’une est plus importante que les autres.

En ce temps-là, au pays du papier à musique, la peur de l’autre et de sa différence rendait tout le monde sourd et égoïste.

Au milieu du chaos dissonant de ce monde en perdition, les espoirs d’un changement miraculeux étaient aussi minces que du papier à cigarettes partant en fumée.

Le matin où les mains du musicien firent irruption au milieu de cette cacophonie, les notes comme les silences étaient trop occupées à se disputer pour les entendre pousser la porte du cahier en l’ouvrant. Combien de temps sont-elles restées là à les écouter et se quereller ? Personne, au pays du papier à musique, ne pourra jamais répondre à cette question. Ce qui, en revanche, est certain, c’est qu’en les écoutant avec attention et respect les mains du musicien ont pu les comprendre comme personne d’autre avant elles.

Avec une douce fermeté, elles ont demandé à chaque note de leur faire découvrir la beauté unique de leur voix différente. Et même si certaines ressentaient encore la tentation de chanter plus fort pour se faire entendre, elles savaient avec certitude que leur tour viendrait et que, à cet instant, il serait vraiment agréable de pouvoir faire entendre sa voix sans être dérangée par une autre. Pour permettre à leurs oreilles d’apprécier pleinement le caractére précieux de chaque note, les mains du musicien demandèrent aux silences d’instaurer une longue pause entre chaque note. Sur le ton de la confidence, tout en s’assurant que les notes pouvaient aussi entendre, les mains du musicien confièrent aux silences :

- Votre présence est essentielle. Pour chaque note, vous êtes comme l’écrin pour le diamant. Vous leur offrez un espace de silence où elles peuvent résonner et vibrer encore plus complétement. Comme la bougie a besoin de l’obscurité pour briller de tous ses feux, la note a besoin de vous pour chanter de toute sa voix.

A ces mots, chaque silence se sentit rempli d’une profonde fierté. Pour la première fois, leur existence avait un sens et une utilité.

Dans le même temps, le regard que les notes portaient sur les silences s’est transformé comme par miracle. En seulement quelques secondes, dans leurs yeux, les silences sont passés du rôle d’empêcheur de tourner en rond à celui d’écrin précieux qui leur permet de résonner et de vibrer.

Après avoir pu apprécier la formidable diversité de chaque note, de la plus grave à la plus aïgue, les mains du musicien, comme si elles n’étaient qu’une, s’adressèrent aux notes en leur disant :

- Vous avez toutes une voix sublime et je me demande si vous avez déjà eu la chance de découvrir la complémentarité de vos différences…

Les notes écoutèrent et se regardèrent avec un mélange d’appréhension et de curiosité. Sans attendre leur réponse, les mains du musiciens ajoutèrent :

- J’aimerais vous proposer un jeu tout à fait amusant qui vous permettra de découvrir une facette encore inconnue et pourtant magnifique de votre voix. Cependant, je ne peux pas vous y obliger et j’ai besoin de votre aide et de votre contribution pour réussir. Et ce n’est pas de la contribution de quelques-unes seulement dont j’ai besoin, c’est de la contribution de chacune d’entre vous. Je ne pourrai vous offrir ce cadeau inoubliable qu’à la condition que vous acceptiez, toutes ensembles, de me suivre et de me faire confiance. Que vous soyez blanche, ronde ou noire, que votre voix vibre dans les aigus, les médiums ou les graves, quel que soit votre nom, votre engagement est indispensable et j’ai besoin de vous.

Un long silence, ce qui était déjà exceptionnel, envahit le pays du papier à musique. Une hésitation palpable agitait chaque note. Comment, après toutes ces années passées à se quereller, les notes réussiraient-elles à suivre, ensemble, les mains du musicien ? On pouvait sentir la tension qui les tiraillait. D’un côté, l’envie de pouvoir découvrir une nouvelle facette de leur voix et de vivre autre chose que des disuptes et, de l’autre, les rancoeurs et les ressentiments qui rendent si difficiles le pardon et la rencontre.

Les mains du musicien restèrent silencieuses de longues minutes avant d’ajouter :

- J’ai confiance en vous et je sais que vous saurez dépasser vos peurs et vos ressentiments pour créer la beauté et l’émerveillement.

Sans leur laisser le choix, et avec respect, les mains du musicien demandèrent aux notes de se poser à différents endroits sur les lignes de la portée. Pour commencer, elles demandèrent à certaines de se placer l’une à côté de l’autre et de chanter, l’une après l’autre, en respectant l’ordre dans lequel elles avaient été disposées sur la portée. D’abord, les mains du musicien créèrent des mélodies où toutes les notes avaient la même durée. Elles commancèrent par une mélodie lente composée de blanche. Elles poursuivirent par un air planant composé de rondes. Vint ensuite le tour des noires et des croches. Et même si les débuts furent laborieux, les notes, très vite, prirent plaisir à s’écouter chanter et à créer, ensemble, une mélodie.

Naturellement, les mains du musicien firent très vite appel aux silences pour offrir aux notes l’écrin précieux qu’elles méritent. En mélangeant silences et notes de toutes sortes les mains du musicien créèrent des mélodies de plus en plus belles où chaque note s’épanouissait en participant et en écoutant. Pourtant, la plus grande surprise était encore à venir : c’est l’instant où les mains du musicien demandèrent à certaines notes de se placer l’une au-dessus de l’autre, au même endroit, sur la portée. Tout a commencé avec les notes Do, Mi et Sol. Après qu’elles aient pris leur place, ensemble, au même endroit, sur la portée, les mains du musicien les invitèrent à chanter ensemble. Trois voix différentes réunies pour former un son unique. Le silence revenu, toutes les notes se regardèrent, médusées. Comment était-ce possible que leurs voix ensembles soient encore plus belles que leurs voix séparées ?

Avec une émotion non dissimulée, les mains du musicien annoncèrent fièrement aux notes :

- Vous venez de découvrir ce qu’est l’accord harmonique. Celui-ci porte un nom : l’accord de Do. Et si maitenant, je demande à la note Sol, Si et Ré de venir se poser sur les lignes de la portées pour chanter ensemble, vous entendrez l’accord de Sol. Les possibilités de combinaison sont tellement nombreuses que les sons que peuvent produire vos voix réunies sont presque infinis. En acceptant de me faire confiance, d’oser mélanger vos voix les unes aux autres et de laisser une place aux silences pour ouvrir l’espace dans lequel vous résonnez, vous avez appris ce qu’est la musique : des notes, des sons, des silences, tous uniques, qui se rencontrent pour utiliser leurs différences et créer de la beauté.

Denis Jaccard

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