Comment calmer l’anxiété ?

Le 28 mai 2024, j’animais un webinaire consacré à l’anxiété et comment comprendre les mécanismes pour mieux calmer l’anxiété. Durant ce webinaire, je me suis fixé l’objectif de répondre à ces 4 questions :

  • D’où vient l’anxiété ?
  • Pourquoi souffrons-nous d’anxiété ?
  • Quelles sont les clés pour calmer l’anxiété ?
  • Pourquoi l’hypnose et la méditation peuvent vous aider à calmer l’anxiété ?

Pour visionner la vidéo du webinaire « Calmer l’anxiété avec l’hypnose et la méditation »

Pour revoir le webinaire en vidéo : https://youtu.be/-XcSqRQcQoo

Pourquoi cet article ?

Pour vous offrir un résumé des notions importantes présentées durant les 2 heures du webinaire.

Dans cet article, je vous explique pourquoi l’anxiété est un phénomène naturel causé par 2 caractéristiques de notre cerveau :

  1. la conscience du futur
  2. la mission fondamentale de notre cerveau qui est la survie.

Je présent également les schémas cognitifs qui déterminent la façon dont nous interprétons le monde. Je décris comment ces schémas cognitifs influencent notre niveau d’anxiété. Pour vraiment bien appréhender le mécanisme de l’anxiété dans notre cerveau, il est nécessaire de comprendre comment le cerveau réagit aux stimuli sensoriels et déclenche la peur en fonction de nos schémas cognitifs. Enfin, je conclus cette article en vous présentant comment l’hypnose et la méditation peuvent aider à créer de nouveaux schémas cognitifs afin de mieux gérer l’anxiété.

Quelles sont les causes neurologiques de l’anxiété ?

D’un point de vue neuro-biologique, la mission fondamentale primaire de notre cerveau est d’assurer notre survie. C’est son objectif prioritaire. Quel que soit votre histoire, votre éducation ou votre milieu social, votre cerveau n’a qu’un seul but : tout faire pour assurer votre survie. Votre bonheur, votre réussite et votre bien-être ne sont pas prioritaires pour votre cerveau.

Chez l’être humain, le cortex préfontal est particulièrement développé. Sur la base des connaissances actuelles, c’est le cerveau dont le cortex préfrontal est le plus développé. Cette particularité anatomique nous permet d’avoir une conscience du futur extrêmement importante. Cette spécificité nous offre un atout majeur : se projeter dans l’avenir pour anticiper les problèmes et créer des solutions innovantes.

Malheureusement, cela génère un inconvénient majeur : puisque le futur est inconnu et que nous sommes impuissants à contrôler l’avenir, la conscience du futur met en péril la mission du fondamentale de notre cerveau. Comment assurer la survie si je ne sais pas ce qui va arriver ? Qu’est-ce qui va arriver et que je ne contrôle pas ?

Pour notre cerveau dont la mission est d’assurer la survie, le futur est synonyme de danger. Puisque nous avons une conscience particulièrement grande du futur, la perception du danger est immense.

Face à ce défi, le cerveau, pour nous protéger et assurer notre survie, se met à anticiper le futur en imaginant les pires scénarios possibles. Anticiper le pire afin d’être prêt à tout. Cela provoque un profond sentiment d’insécurité et de stress, qui se traduit par de l’anxiété voire des crises d’angoisse.

L’anxiété est donc le résultat de la combinaison de deux éléments clés :

  • La mission de survie du cerveau : le cerveau est programmé pour assurer notre survie et réagit donc fortement à tout ce qu’il perçoit comme une menace potentielle.
  • La conscience du futur : la capacité du cerveau à se projeter dans le futur, combinée à son impuissance à le contrôler, génère du stress et de l’anxiété.

En résumé, l’anxiété est une réaction naturelle du cerveau face à l’incertitude du futur et à sa volonté de nous protéger.

Calmer l’anxiété : le rôle des schémas cognitifs

Un schéma cognitif est un modèle mental ou une façon de penser qui influence la manière dont nous percevons et interprétons les situations. C’est comme des lunettes à travers lesquelles nous regardons le monde et donnons sens à la réalité.

Certains schémas sont positifs et nous aident, d’autres sont limitants et nuisent à notre bien-être en distordant notre vision de la réalité. Identifier et remettre en question nos schémas cognitifs limitants peut nous aider à avoir une perspective plus équilibrée sur la vie et vivre émotionnellement le quotidien d’une façon plus sereine.

Comment se forment les schémas cognitifs ?

Les schémas cognitifs se développent principalement à travers trois éléments clés:

  1. L’éducation : l’éducation joue un rôle fondamental dans la formation des schémas cognitifs. Par exemple, un enfant, à qui l’on répète constamment que les autres peuvent être méchants et dangereux, risque de développer un schéma cognitif associant les autres à un danger.
  2. Les modèles : les modèles, qu’il s’agisse de personnes réelles, de figures historiques ou d’idéaux, influencent également la création de schémas cognitifs. En observant et en cherchant à reproduire ces modèles, l’individu intègre des schémas de pensée et de comportement.
  3. L’expérience personnelle : les expériences personnelles, heureuses ou douloureuses, façonnent les schémas cognitifs en fonction du sens que l’individu donne à ces événements. Contrairement à ce que l’on croit souvent, ce n’est pas l’événement vécu mais le sens donné à cet événement qui va générer le schéma cognitif.
Calmer l'anxiété ligne de temps

Comme l’illustre le schéma ci-dessus, une expérience personnelle (Evénement) va inciter notre cerveau à donner un sens particulier à cet événement. Ainsi se crée un schéma cognitif. Par la suite, ce schéma cognitif va être réutilisé par notre cerveau pour donner sens et interpréter une situation du quotidien.

Ces schémas, comparables à des filtres à travers lesquels le cerveau perçoit le monde, influencent l’interprétation des événements et les réactions émotionnelles.

A l’origine (au moment de l’événement), le schéma cognitif était parfaitement adapté et il a même permis d’assurer la survie (physique, psychologique ou affective). Puisque le temps et que les environnement de vie évoluent, tout peut être différent aujourd’hui. Malheureusement, le cerveau continue à utiliser le schéma cognitif qui a été inscrit dans le passé. Il est important de noter que les schémas cognitifs, bien qu’ils puissent être source de souffrance à l’âge adulte, ont souvent été des solutions de survie dans le passé.

Puisque le futur est inconnu, notre cerveau va utiliser les schémas cognitifs inscrits dans notre mémoire pour s’imaginer le futur. Si ces schémas anticipent des situations dangereuses ou des événements catastrophique, notre cerveau va projeter, dans le futur, du danger et, ainsi, déclencher l’anxiété.

Pourquoi la volonté de calmer l’anxiété engendre l’anxiété ?

Paradoxalement, la volonté de calmer l’anxiété peut l’aggraver. En effet, plus on cherche à lutter contre un schéma cognitif anxiogène par la pensée (« Je ne veux plus y penser », « Je dois me calmer »), plus on l’alimente et le renforce. Ce mécanisme s’explique par le fonctionnement même du cerveau.

Chaque pensée, même si elle vise à contrer l’anxiété, est traitée par le cerveau comme une information réelle. Ainsi, en essayant de ne pas penser à un danger potentiel, on active malgré nous le schéma cognitif correspondant, ce qui alerte l’amygdale, siège de la peur, et déclenche la réaction anxieuse.

De plus, la volonté de contrôler le futur, intrinsèquement lié à l’anxiété, est vouée à l’échec. Le futur étant par définition incertain, chercher à le maîtriser ne fait qu’alimenter le sentiment d’impuissance et de stress. Le cerveau, dans sa tentative de reprendre le contrôle, imagine alors des scénarios catastrophes, ce qui aggrave l’anxiété et alimente le cercle vicieux.

Comment changer un schéma cognitif générateur d’anxiété ?

Il est impossible d’effacer un schéma cognitif existant, même avec l’hypnose. Le cerveau, dans sa mission de survie, refuse d’éliminer ce qu’il considère comme une solution passée, même si cette solution est devenue source de souffrance.

La clé pour changer un schéma cognitif et calmer l’anxiété réside dans l’apprentissage de nouveaux schémas qui apporteront un sens différent aux situations vécues. Il ne s’agit pas de nier la réalité ou d’adopter une vision artificiellement positive, mais plutôt d’explorer de nouvelles interprétations, de nouvelles « paires de lunettes » pour percevoir le monde différemment.

Ce processus implique:

  • L’identification du schéma cognitif limitant : Prendre conscience du filtre à travers lequel la réalité est perçue.
  • L’acceptation de son origine comme solution de survie passée : Comprendre que ce schéma, aussi douloureux soit-il aujourd’hui, a pu être salvateur par le passé.
  • L’exploration de nouveaux sens : S’ouvrir à d’autres interprétations d’une situation, sans jugement ni attente de résultat.
  • La création de nouvelles connexions neuronales : Favoriser l’apprentissage de ces nouveaux schémas par des techniques comme l’hypnose ou la méditation afin de donner un sens différent aux événements et calmer l’anxiété.

Ce changement demande du temps, de la patience et de la pratique. Il est comparable à la rééducation physique: le cerveau, comme le corps, a besoin de répétition pour intégrer de nouveaux automatismes.

Comment l’hypnose et la médiation peuvent aider à calmer l’anxiété ?

L’efficacité de l’hypnose et de la méditation dans leur pouvoir à calmer l’anxiété repose sur leur capacité à induire un état de conscience modifié. Cet état particulier a un impact significatif sur le fonctionnement du cerveau, le rendant plus « plastique » et donc plus apte à créer de nouvelles connexions neuronales. Ce phénomène se traduit par une accélération de l’apprentissage, ce qui est essentiel pour modifier les schémas de pensée anxiogènes et apprendre de nouveaux schémas cognitifs positifs.

Plutôt que de chercher à effacer les schémas existants, ce qui est neurologiquement impossible, ces techniques visent à en construire de nouveaux, plus adaptés à une vie sereine. L’accent est mis sur le présent, le seul moment où l’individu a réellement du pouvoir d’agir.

L’hypnose méditative intègre le corps comme un allié précieux dans ce processus. Le mouvement physique, loin d’être anodin, agit directement sur l’esprit. Par exemple, marcher régulièrement, même sur de courtes durées, a un impact positif non seulement sur le bien-être physique, mais aussi sur l’état mental. Bouger permet de « débloquer » un cerveau figé par des pensées négatives et de l’aider à retrouver un certain dynamisme.

L’expérience proposée, avec ses mouvements simples des pieds et des mains, a pour but d’ancrer la personne dans l’instant présent. Pendant ce temps, l’esprit est invité à explorer de nouvelles façons d’appréhender l’avenir, sans chercher à le contrôler, mais plutôt en se familiarisant avec son caractère imprévisible.

Il est crucial de comprendre que l’intention n’est pas de nier les difficultés ou d’imposer une vision positive du futur. Au contraire, il s’agit d’encourager une curiosité bienveillante envers l’inconnu, sans jugement ni attente. Le doute fait partie intégrante du processus, tout comme la possibilité d’échecs. L’important est d’expérimenter, d’observer et de permettre au cerveau de progressivement intégrer de nouvelles manières de réagir face à l’incertitude.

Si vous souhaitez expérimenter une séance d’hypnose méditative utilisant l’approche décrite ci-dessus, je vous invite à cliquer sur le lien ci-dessous :

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