Formation de base
Les bases de l’hypnose ericksonienne
Envie de comprendre ce qu’est l’hypnose ericksonienne ? Une façon de communiquer, avec les autres et avec vous-même.
9 – 10 janv. 2027 · Vaumarcus
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Hypnose
Denis Jaccard · lundi 30 octobre 2023 · mis à jour le jeudi 22 octobre 2026 · 6 min de lecture
On lit beaucoup de choses sur l’hypnose et le cerveau. Je partage ici ce que les neurosciences permettent d’affirmer, ce qu’elles ne disent pas, et ce que j’en retiens dans ma pratique.
Quand je suis devenu hypnothérapeute, en 2003, l’hypnose avait une image très négative. J’ai dû expliquer des centaines de fois ce qu’elle était, simplement, sans magie et sans promesse. Je mesure aujourd’hui la chance que cela a été : j’ai appris à parler de l’hypnose avec sérieux et simplicité.
La question a changé depuis. On ne me demande plus si l’hypnose est sérieuse. On me demande ce qu’elle fait dans le cerveau. Les neurosciences ont apporté des réponses, et elles circulent souvent embellies : on lit que l’hypnose « reprogramme » le cerveau, qu’elle crée de nouvelles connexions en quelques minutes. Ce n’est pas ce que dit la recherche. J’ai envie de partager ce qu’elle permet d’affirmer, ce qu’elle ne dit pas encore, et ce que j’en retiens dans ma pratique.
Une personne qui me consulte a presque toujours cherché une solution par elle-même : en se questionnant, en lisant, en parlant à ses proches. Et le problème est toujours là. La première question que je me pose est donc celle-ci : pour quelle bonne raison ça bloque ? Si rien ne change, malgré la souffrance et l’envie de changer, il y a une raison. Elle est rarement logique. Elle est presque toujours émotionnelle.
Au fil de ma pratique, j’en ai reconnu deux sources principales. La peur, tournée vers le futur, cet inconnu face auquel nous sommes toutes et tous impuissants. Et l’impossibilité d’accepter, tournée vers le passé ou le présent : une perte, une contrainte que la vie impose et que l’on ne peut pas changer. C’est ma lecture de praticien. Elle me donne une direction : ce dont le cerveau de la personne a besoin pour que le changement devienne possible.
Pourquoi la peur pèse autant, je l’explique dans l’article « Hypnose : ce qui se passe vraiment dans le cerveau » : la mission première de notre cerveau est notre survie.
Depuis des décennies par électroencéphalogramme, et depuis la fin des années 1990 par imagerie, des équipes de recherche observent le cerveau de personnes en état hypnotique. Leurs travaux montrent que l’état hypnotique s’accompagne de changements mesurables : certaines zones du cerveau changent d’activité, et communiquent autrement entre elles. J’ai résumé l’une des études les plus citées, menée à l’université Stanford, dans l’article « Pourquoi l’hypnose ericksonienne aide à changer quand la volonté ne suffit pas ».
L’une des premières études qui ont observé l’hypnose face à la douleur a été menée en 2000, au CHU et à l’université de Liège, par l’équipe de la médecin anesthésiste Marie-Elisabeth Faymonville. Onze volontaires en bonne santé recevaient sur la main une chaleur parfois douloureuse : en état hypnotique, au repos, et en se représentant des souvenirs agréables. En état hypnotique, elles et ils ont jugé la douleur moins intense et moins désagréable, et l’imagerie a montré le rôle d’une zone du cerveau, le cortex cingulaire antérieur, dans cette modulation. Onze personnes, une douleur de laboratoire : l’étude ne dit pas ce que l’hypnose peut faire pour une douleur qui dure.
Ce que ces travaux ne disent pas encore, c’est ce qu’est exactement cet état. Les chercheuses et chercheurs en débattent toujours, et beaucoup d’études portent sur des personnes très réceptives à l’hypnose, ce qui invite à la prudence.
La neuroplasticité, c’est la capacité du cerveau à se modifier en réponse à l’expérience. Elle se joue à deux niveaux, que l’on confond souvent.
Le premier est la manière dont les zones du cerveau communiquent entre elles. Elle change vite, d’un état à l’autre, et c’est ce que l’imagerie observe pendant l’état hypnotique. Le second est la création de connexions physiques entre les neurones. Elle demande du temps, de la répétition, de l’expérience vécue. C’est ainsi que vous avez appris à marcher, à lire, à conduire.
Aucune étude ne montre que l’état hypnotique, à lui seul, crée de nouvelles connexions. En 2023, j’écrivais sur ce site que la plasticité cérébrale était augmentée en état hypnotique. Je l’écrirais autrement aujourd’hui. L’état hypnotique change la manière dont le cerveau fonctionne pendant un moment. Ce qui crée les connexions, c’est ce que la personne y vit et y apprend, puis ce qu’elle répète dans sa vie.
Pour moi, l’état hypnotique agit comme un catalyseur de la capacité du cerveau à se réorganiser et à apprendre. C’est ma conviction, nourrie par ma pratique.
Une étude va dans ce sens. En 2013, une équipe de chercheuses et chercheurs hongrois, menée par Dezső Németh, a proposé à quatorze jeunes adultes très réceptifs à l’hypnose une tâche simple : appuyer sur la touche qui correspond à l’endroit où une image apparaît à l’écran. Une séquence se cachait dans l’ordre des images, et personne ne l’a remarquée consciemment. Chaque personne a fait l’exercice deux fois, en état hypnotique et dans un état d’éveil ordinaire. En état hypnotique, elles ont nettement mieux appris la séquence, sans le savoir.
Les auteurs avancent une explication : en état hypnotique, les zones de l’avant du cerveau, qui contrôlent et cherchent à bien faire, interfèrent moins avec un apprentissage plus automatique, celui qui installe nos habitudes. L’étude a ses limites : quatorze personnes, toutes très réceptives à l’hypnose, une tâche de laboratoire, et aucune séance d’hypnothérapie. Elle ne dit rien de la manière dont une personne apprend à vivre autrement une peur.
Elle rejoint pourtant ce que j’observe dans ma pratique. Vouloir changer ne suffit pas, et vouloir trop bien faire peut même gêner l’apprentissage. Une personne qui cesse un moment de se surveiller laisse à son cerveau l’espace d’apprendre.
Si je devais donner aujourd’hui une définition de l’hypnose, je dirais ceci : un état naturel du cerveau, dans lequel une personne, accompagnée ou par elle-même, peut apprendre ce que sa volonté seule ne parvient pas à produire.
Mon rôle n’est donc pas de créer le changement. Il est de créer les conditions pour que le cerveau de la personne le crée. C’est le cœur de ce que j’appelle l’approche neuro-créative, que je présente dans l’article « Créer plutôt que lutter : l’approche neuro-créative ».
Si vous accompagnez des personnes, ou si vous envisagez de le faire, savoir ce que la recherche dit du cerveau aide à expliquer l’hypnose simplement, à celles et ceux qui la découvrent, sans promettre ce qu’elle ne dit pas. La formation intitulée « Les bases de l’hypnose ericksonienne » vous fait découvrir ce qui se passe dans le cerveau, et vivre l’état hypnotique par vous-même, pendant deux jours.
Là où votre volonté s’épuise, quelle réponse nouvelle votre cerveau pourrait-il apprendre ?
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9 – 10 janv. 2027 · Vaumarcus
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