Une définition de l’hypnose sous l’angle des neurosciences

Lorsque j’ai débuté ma pratique d’hypnothérapeute en 2002, la situation était bien différente d’aujourd’hui. Depuis, les neurosciences ont validé l’efficacité thérapeutique de l’hypnose. L’hypnose a fait son entrée dans les blocs opératoires comme solution alternative efficace à l’anesthésie chimique. De plus en plus, les soins hospitaliers utilisent l’hypnose pour soulager les douleurs et apaiser les états anxieux pré- et post-opératoires.

Donner une définition de l’hypnose qui soit concrète, pragmatique et qui reflète la réalité de ce qui se passe lors d’une séance, j’ai dû le faire des centaines de fois au début de ma pratique. Aujourd’hui, je mesure combien cela a été une chance de débuter alors que l’hypnose avait une image très négative. Ainsi, j’ai appris à décrire l’hypnose avec sérieux et simplicité.

Quoi de mieux que la pratique pour donner une définition de l’hypnose ? Au travers de cet article, j’ai le souhait que vous puissiez découvrir comment se prépare une séance d’hypnose et comment j’utilise l’hypnose ericksonienne tout en utilisant les connaissances fournies par les neurosciences.

Les sources du problème

Pour répondre à cette question, je vais m’appuyer sur les quelques milliers de séances que j’ai eu le privilège de vivre avec les personnes qui m’ont accordé leur confiance. Avec eux, j’ai appris de chaque séance. Qu’elle ait produit un résultat positif pour le client ou non, chaque séance a été une source d’enseignement. Après chaque séance, j’ai constamment remis en question et amélioré mon approche.

Au fil des années, j’ai découvert des caractéristiques communes à chaque impossibilité de changement. Lorsqu’une personne me consulte, elle a déjà essayé, par elle-même, de trouver une solution à son problème. Que ce soit en se questionnant, en lisant des livres, en parlant à des ami·e·s ou en cherchant sur internet, chaque personne a d’abord tenté de trouver une solution par ses propres moyens. Malgré cela, le problème persiste. C’est la raison pour laquelle elle fait appel à moi.

Pour quelle bonne raison ça bloque ?

C’est la première question que je me pose. Si, malgré la souffrance qu’engendre le problème et la motivation à changer, rien ne change, il doit y avoir une bonne raison. Naturellement, il est très rare que cette bonne raison soit rationnelle ou logique. Elle est presque toujours émotionnelle. Au fil du temps, j’ai découvert qu’il y a 2 causes principales :

  1. La peur
  2. L’impossibilité à accepter

La peur est en lien avec le futur et elle exprime notre insécurité, notre appréhension, à propos de l’avenir inconnu face auquel nous sommes toutes et tous impuissants. Les neurosciences ont démontré que la peur est l’émotion la plus puissante générée par notre cerveau. Cela s’explique par le fait que la mission fondamentale de notre cerveau est d’assurer notre survie en première priorité.

L’impossibilité d’accepter est en lien avec le passé ou le présent. Elle parle des changements ou des contraintes imposées par la vie et pour lesquels nous sommes impuissants à changer quoi que ce soit. Face à une réalité inacceptable génératrice de souffrance, nous chercherons à trouver une compensation ou une solution. Dans un cas comme dans l’autre, cela va influencer nos comportements, nos pensées et nos émotions.

L’hypnose aide à calmer la peur et à favoriser l’acceptation. D’ailleurs, ce sont les 2 domaines où l’hypnose est la plus performante.

Définition de l’hypnose sous l’angle des neurosciences

A une période où les neurosciences ont permis de mieux comprendre le fonctionnement de notre cerveau, il me semble fondamental d’intégrer ces découvertes dans ma pratique de l’hypnose. C’est d’autant plus nécessaire que les études sur le cerveau ont permis d’expliquer d’une façon scientifique les bienfaits de l’hypnose et ce qu’elle permet de favoriser dans le cerveau humain.

Lorsqu’un cerveau humain se trouve dans l’état hypnotique, la plasticité cérébrale est augmentée. Qu’est-ce que la plasticité cérébrale ? C’est la capacité du cerveau à créer de nouvelles connexions entre les neurones. Cela signifie que le cerveau peut se modifier et s’adapter en réponse à l’apprentissage ou à l’expérience. Cette plasticité permet au cerveau de se reconfigurer et de se réorganiser, ce qui peut influencer notre capacité à acquérir de nouvelles compétences, à générer de nouvelles pensées ou à modifier nos perceptions.

Ma mission en tant qu’hypnothérapeute est de stimuler les ressources neuronales du cerveau de mon client afin que son cerveau crée le changement que sa volonté seule ne réussit pas à produire. D’une certaine manière, je favorise sa créativité neurologique.

A partir du moment où j’ai identifié la cause du blocage (peur et/ou impossibilité à accepter), j’ai une représentation concrète et précise de ce que le cerveau de mon client a besoin de créer pour que le changement devienne possible.

Par cette approche concrète et pragmatique, il devient beaucoup plus facile de donner une définition de ce qu’est l’hypnose et comment elle est une aide efficace pour faciliter un changement qui dépasse la volonté.

Denis Jaccard

Les bases de l’hypnose ericksonienne

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