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Institut d’Hypnose Thérapeutique

Formation

Tout le monde peut-il devenir hypnothérapeute ?

Denis Jaccard · mercredi 1er avril 2026 · mis à jour le jeudi 22 octobre 2026 · 8 min de lecture

Tout le monde peut apprendre l’hypnose et devenir hypnothérapeute. Dans cet article, tiré de ma vidéo, je partage les quatre états d’esprit qui aident à apprendre, et qui donnent du plaisir à pratiquer.

« Est-ce que tout le monde peut apprendre l’hypnose et devenir hypnothérapeute ? » C’est la question que l’on me pose le plus souvent quand on me contacte à propos de la formation d’hypnothérapeute que j’anime depuis 2007. En 2027, cette formation fête ses 20 ans, et la question n’a pas changé.

Ma réponse est simple : oui. Tout le monde peut apprendre l’hypnose ericksonienne et devenir hypnothérapeute. Pour moi, la question importante est ailleurs : quels sont les états d’esprit qui vont vous aider à apprendre, et surtout vous donner du plaisir à pratiquer ? Au fil des années, j’en ai retenu quatre. Ce ne sont pas des compétences que l’on aurait ou non, ni des conditions pour être admise ou admis. Ce sont des préférences, et chacune et chacun peut s’y reconnaître, plus ou moins.

Aimer communiquer

J’aime le répéter : l’hypnose n’est que de la communication. Dans mon cabinet, il n’y a aucun accessoire. Deux fauteuils, et un carnet avec un stylo pour prendre des notes. J’ai choisi ces deux fauteuils parfaitement identiques, pour que la personne et moi soyons d’emblée à égalité. Je décris les ingrédients de toute hypnose dans l’article « Qu’est-ce que l’hypnose ericksonienne ? ».

Communiquer, c’est ce que l’on dit, et c’est aussi la manière de le dire : l’intonation, le volume de la voix, la formulation, les gestes, les silences. L’autre moitié de la communication est peut-être la plus importante : l’écoute. Écouter avec ses oreilles, avec ses yeux, avec son cœur, pour recevoir la personne et l’accueillir. C’est l’essence même de la communication entre deux personnes, et c’est sur elle que repose le changement favorisé par une séance.

Il m’arrive d’échanger avec une praticienne en massage. Elle pratique depuis de nombreuses années, son corps se fatigue plus vite, et elle aimerait continuer à accompagner des personnes autrement. Je lui demande ce qu’elle aime dans le massage. Elle me répond : « Je n’ai pas besoin de parler. On est dans le ressenti, dans le corps. » Elle a trouvé une pratique qui lui correspond pleinement. Et l’hypnose repose sur le fait de parler, d’écouter, de questionner : je lui dis alors, avec sincérité, qu’elle y trouverait probablement moins de plaisir.

Quand on aime communiquer, on apprend l’hypnose avec plus de facilité et plus de plaisir, parce qu’on est dans son domaine de prédilection.

Une saine curiosité

Le deuxième état d’esprit est une saine curiosité. Quand je reçois une personne, je pars du principe que je ne sais pas ce qu’elle va m’apporter, et j’ai envie de le découvrir. Bien sûr, j’ai des connaissances, des repères, de l’expérience. J’accompagne des personnes depuis 2001, et je me suis formé à l’hypnose ericksonienne auprès de Stephen Gilligan, d’Ernest L. Rossi et de Bill O’Hanlon, d’anciens élèves de Milton Erickson. Je garde précieusement ce que j’ai appris d’eux, des livres et de mes années de pratique. Et en même temps, je garde à l’esprit que j’ai tout à apprendre de la personne qui est en face de moi.

J’ai reçu de nombreuses personnes venues pour du stress, des troubles du sommeil, une habitude néfaste ou une douleur chronique. Chacune vit sa difficulté d’une manière qui n’appartient qu’à elle. Si je l’écoute à travers les filtres de ce que j’ai appris, lu et vécu, je n’écoute plus la personne : j’écoute mes filtres. La saine curiosité me permet de l’accueillir telle qu’elle est, avec son passé, son présent et son futur.

Ne pas savoir n’est pas un manque de compétence. C’est le choix de l’ouverture, pour accueillir la personne sans l’interpréter à travers une théorie. Ce choix pose un défi : apprivoiser l’incertitude, avancer un temps dans l’inconnu. Il se travaille, par une forme de centrage intérieur qui permet d’accueillir l’inconnu avec curiosité, tout en gardant sa stabilité et sa confiance dans ses capacités et ses ressources.

Si vous avez besoin de tout prévoir, et de savoir avant même de recevoir une personne ce que vous allez faire, l’hypnose telle que je l’enseigne vous donnera peut-être moins de plaisir : dans ma formation, je vous inviterai à cultiver ce « je ne sais pas ». Cette curiosité est un point de départ. L’art du non-savoir, l’une des sept étapes du savoir-être, est la manière de la cultiver, et je la transmets dans le postgrade intitulé « Savoir-Être dans la relation d’aide ».

Aimer créer

Le troisième état d’esprit est le goût de créer. En hypnose ericksonienne, rien n’est écrit à l’avance, et cela n’interdit pas le script. Quand j’ai commencé, je recevais une personne une première fois, je l’écoutais, puis j’écrivais le script de la deuxième séance. J’encourage encore cette pratique quand on débute : écrire un script est un très bon moyen d’intégrer les principes de la communication hypnotique, et de réfléchir à la manière de formuler ses suggestions. Avec le temps, je n’en ai plus eu besoin, et je crée aujourd’hui mes suggestions sur l’instant.

Ce script-là est créé sur mesure, pour une personne. Ce que je ne distribue pas, c’est un script généraliste, à lire à toute personne qui vient pour de l’anxiété ou une habitude néfaste. Ce serait dire que la personne ne compte pas, et que seul compte son problème. L’anxiété n’est qu’une étiquette : chaque personne la vit à sa manière, comme je le décris dans l’article « Comment se déroule une séance d’hypnose, étape par étape ».

J’aime prendre l’image des blocs de Lego. J’enseigne des éléments séparés, par exemple les suggestions directes, indirectes et métaphoriques, et l’enjeu est d’apprendre à les assembler pour construire une séance faite pour la personne qui est en face de soi. Avec les métaphores, c’est pareil. J’ai toute une collection d’histoires dans ce que j’appelle ma boîte à histoires, et je ne les raconte jamais deux fois de la même manière, parce que la personne est chaque fois différente.

La créativité se développe : nul besoin de se croire créative ou créatif pour commencer. Si vous cherchez des modes d’emploi tout faits, un protocole par problème, avec les questions déjà écrites, l’hypnose ericksonienne vous donnera peut-être moins de plaisir. Pour ma part, si je sortais mon script avant même d’avoir reçu la personne, qu’est-ce que je m’ennuierais ! Il y a longtemps que je ne ferais plus ce métier.

Aimer les gens, qui relie les trois autres

Le quatrième état d’esprit est pour moi le plus important : aimer les gens. Aimer les personnes que l’on reçoit, c’est avoir de la compassion et de la tendresse pour elles. Ce n’est ni un amour de séduction ni un amour charnel. C’est un amour humain. La personne en face de moi est sensible comme je le suis, elle a ses ombres comme j’ai les miennes, ses forces comme j’ai les miennes. Avoir de l’ombre ne fait pas de nous une ombre : nous avons de l’ombre et de la lumière, des réussites et des échecs. Cette connexion humaine est, pour moi, ce qu’il y a de plus beau dans une séance, et je la vis aussi dans mes formations.

Sans cet amour de l’autre, on devient une ou un thérapeute qui ne considère qu’un problème sur pattes. La personne arrive avec de l’anxiété, et l’on n’entend plus qu’elle, l’anxiété. On se donne pour mission de lutter contre elle. Pour moi, être hypnothérapeute, c’est autre chose : aller à la rencontre de la personne, chercher à découvrir comment elle se souvient de son passé, comment elle vit son présent, comment elle imagine son futur, et explorer avec elle ce dont elle a besoin pour vivre les choses autrement. Dans ma formation, vous apprendrez des outils pour accompagner une personne anxieuse ou qui dort mal. L’essentiel, pour moi, reste la rencontre.

Aimer les gens relie les trois autres états d’esprit. J’aime communiquer parce que j’ai envie d’échanger avec la personne. Je suis curieux parce que j’ai envie de découvrir qui elle est, et de respecter sa différence plutôt que de plaquer sur elle mes présupposés. J’ai envie de créer parce que cette personne est unique, et qu’elle mérite une séance faite pour elle, qui l’aide à apprendre quelque chose de nouveau pour vivre sa vie de manière plus confiante, plus libre, plus épanouie.

Quatre états d’esprit qui aident à apprendre l’hypnose. Aimer communiquer. Aimer les gens, au centre, relié aux trois autres. Une saine curiosité. Aimer créer.

Pour qui envisage de se former

Tout le monde peut apprendre l’hypnose ericksonienne et devenir hypnothérapeute. Ces quatre états d’esprit ne décident pas de qui a sa place : ils disent où vous trouverez le plus de plaisir à apprendre et à pratiquer. Si vous vous y reconnaissez, la formation intitulée « Les bases de l’hypnose ericksonienne » vous permet d’en vivre les premiers pas, et la page du cursus d’hypnothérapeute présente le chemin jusqu’au diplôme. Ce que des personnes formées à l’IHT y ont vécu, elles le racontent dans leurs témoignages. La vidéo dont cet article est issu est disponible sur YouTube.

Lequel de ces quatre états d’esprit vous ressemble le plus aujourd’hui ?

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