Postgrade
Métaphore & Créativité
Vous voulez utiliser la métaphore ou le storytelling sans savoir construire vos histoires ? Trois modèles vous y aident.
19 – 21 févr. 2027 · Vaumarcus
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Développement personnel
Denis Jaccard · mercredi 16 avril 2025 · mis à jour le jeudi 22 octobre 2026 · 19 min de lecture
Une séparation, un deuil, un licenciement : quand la vie bascule, je partage ce qui m’a aidé à traverser deux grandes épreuves, le voyage du héros de Joseph Campbell et quatre ressources intérieures.
Un soir de 2016, dans la petite cuisine d’un appartement où je venais d’emménager, je préparais une conférence sur le voyage du héros. On m’avait invité à la donner à Strasbourg, où j’animais alors une formation. Je venais de me séparer de mon épouse, après 24 ans de vie commune. Pour la première fois de ma vie, je vivais seul.
Le voyage du héros, je le connaissais depuis longtemps. Je l’avais appris pendant ma formation de PNL, puis pendant ma formation d’hypnothérapeute. Il m’aidait à comprendre les histoires et à accompagner des personnes, sans plus. Ce soir-là, en reprenant ses étapes une à une, il est devenu une ressource. Il m’a donné du courage, de l’espoir, et il m’a aidé à traverser cette épreuve.
J’ai retrouvé un équilibre, j’ai reconstruit ma vie. Puis, comme dans les grandes histoires, il s’est de nouveau passé quelque chose : en quinze mois, j’ai perdu mon père et ma mère, tous deux emportés par un cancer. Je suis retourné au voyage du héros, et cette fois je lui ai ajouté quatre archétypes, qui m’accompagnent encore dans mon deuil.
C’est ce chemin que j’ai envie de partager avec vous. Je n’ai pas de baguette magique, rien qui empêche la vie de nous bousculer. J’ai des perspectives, un peu comme des paires de lunettes, qui aident à traverser le changement et à grandir à travers lui.
Si la vie est possible sur Terre, c’est parce que la Terre tourne, sur elle-même et autour du Soleil. Imaginez qu’elle s’arrête : une moitié brûlerait sous les rayons du soleil, l’autre gèlerait dans l’obscurité, et la vie deviendrait impossible. Les saisons racontent la même chose. La nature a besoin de l’alternance du printemps, de l’été, de l’automne et de l’hiver pour se renouveler. Le changement et la vie vont ensemble.
Et le changement fait mal. Il apporte l’incertitude, l’inconnu, la perte. Le plus souvent, il nous amène aussi à découvrir quelque chose de nous-mêmes, à apprendre, à changer la représentation que nous avons de nous. Ce n’est pas l’un ou l’autre : le changement fait souffrir, et il est aussi l’occasion de grandir.
Tout commence par un événement. Dans le voyage du héros, Joseph Campbell le considère comme un appel : il crée un déséquilibre, et il appelle une réponse. Face au même événement, nous ne réagissons pas toutes et tous de la même manière, parce que nous ne lui donnons pas le même sens.
Prenons une séparation. Il m’est arrivé de rencontrer des personnes qui vivaient la fin de leur couple comme une occasion de faire de nouvelles rencontres. C’était la fin de quelque chose, et ce qu’elles se représentaient d’abord, c’était ce qui allait commencer. L’événement est le même. Le sens est différent, et il dépend de nos croyances, ces filtres à travers lesquels nous interprétons ce qui nous arrive. Ce qui nous fait vivre une épreuve d’une manière particulière, c’est souvent moins l’épreuve elle-même que le sens que nous lui donnons.
J’aime me représenter la suite comme une rangée de dominos. Le premier, c’est l’événement. Il fait tomber le deuxième, le sens que nous lui donnons. Ce sens fait naître des pensées, des ruminations, des représentations : c’est le troisième. Ces pensées génèrent les émotions, la colère, la tristesse, la peur, la culpabilité, la honte : le quatrième. Et ces émotions nous amènent à réagir, à nous comporter d’une certaine manière : le cinquième.
Ce dont nous avons le plus conscience, ce sont nos réactions et nos émotions. C’est la pointe de l’iceberg. Pour changer une réaction, il est utile de remonter le fil : quelle émotion la déclenche, quelle pensée nourrit cette émotion, quelle croyance donne naissance à cette pensée. Quand une croyance change, les pensées changent, et les émotions avec elles.
Le processus de deuil le montre bien. Face à une perte brutale, on commence le plus souvent par refuser la réalité. Puis, peu à peu, le cerveau l’apprivoise : il ne l’accepte pas encore, et il ne fait plus comme si elle n’existait pas. Les pensées changent, et les émotions aussi. Dans le voyage du changement, rien ne reste figé.
Dans ma propre vie, comme auprès des personnes que j’accompagne depuis 2001, j’ai observé trois grands défis : la peur, l’acceptation et la créativité.
Votre cerveau a une mission, la même chez tout le monde : assurer votre survie. Pour lui, un changement est synonyme de danger, parce qu’il fait perdre des repères.
Pensez à une personne malvoyante qui vit depuis des années dans la même maison. Elle la connaît par cœur. Elle sait où sont rangés les verres, elle dresse la table, elle se débrouille seule, en sécurité. Un jour, la maison brûle et elle doit s’installer ailleurs. Du jour au lendemain, elle a perdu ses repères, son autonomie, sa sécurité. C’est ce que vit le cerveau quand le changement s’impose. Il déclenche la peur, automatiquement, au-delà de la volonté et de la raison. L’anxiété, l’angoisse, la panique en sont des déclinaisons : neurologiquement, c’est la même peur. Elle peut s’apaiser, et ce premier mouvement, lui, ne se commande pas.
Souvent, nous n’avons aucune prise sur l’origine du changement. Nous ne pouvons ni revenir en arrière, ni le corriger. Cette impuissance nous met face à notre vulnérabilité, et elle nous appelle à accepter une réalité contre laquelle nous ne pouvons rien. Plus on lutte contre elle, plus on s’épuise. On finit parfois par se culpabiliser, ou par désespérer, en cultivant l’illusion d’un pouvoir sur ce qui est hors de notre zone d’influence.
Le changement nous place dans une réalité nouvelle, sans repères. Nous ne savons pas encore comment y retrouver de la sécurité, de la joie, du sens. Nous avons alors à inventer quelque chose qui n’existe pas encore, une nouvelle paire de lunettes pour vivre avec cette réalité.
Je ne parle pas ici de créativité artistique. Je parle de la capacité de votre cerveau à créer de nouvelles connexions, de nouvelles représentations. Une personne qui doit apprendre à marcher avec des cannes pour le reste de sa vie vit un processus créatif : pour le cerveau, apprendre, c’est créer des connexions. Il n’est pas conçu pour effacer, il est conçu pour apprendre. L’humanité a survécu parce qu’elle a créé : elle a apprivoisé le feu, elle a inventé la roue. Dans la course à la survie, nous n’étions pas donnés gagnants. Face à une épreuve, notre créativité est notre plus grande ressource pour rebondir.
Tous les changements ne se ressemblent pas, et ils n’appellent pas les mêmes questions. Certains viennent de l’extérieur : un licenciement, le départ de l’être aimé, un deuil, une maladie, qui, même si elle naît dans notre corps, est vécue par l’esprit comme un changement imposé. D’autres naissent à l’intérieur : un changement de perception, de croyances, de sens. Le plus souvent, les deux s’entremêlent et se déclenchent l’un l’autre.
Le premier défi est de reconnaître ce qui est sous votre contrôle et ce qui ne l’est pas. Quand mon épouse a décidé que notre histoire ne pouvait pas continuer ainsi, j’ai cherché à la faire changer d’avis. Ce n’était pas sous mon contrôle. Quand mes parents sont tombés malades, je ne pouvais rien changer non plus. On aurait pu me dire : « Tu fais de l’hypnose, hypnotise-la et fais-la changer d’avis. » Cela ne fonctionne pas ainsi, avec ou sans hypnose. Chaque personne a une zone d’influence, et elle est limitée.
Reconnaître son impuissance est douloureux, et c’est nécessaire. Tant que je cultive l’illusion de pouvoir changer ce qui m’échappe, je m’épuise, et peu à peu je retourne cette impuissance contre moi : je ne suis pas assez fort, pas assez compétent. Le problème cesse d’être la situation. C’est moi qui deviens le problème.
Le deuxième défi est de se demander ce qui est réellement en danger. Programmé pour la survie, le cerveau a tendance à exagérer la menace, pour être sûr de ne rien manquer. Pendant ma séparation, j’avais la conviction que j’allais mourir. C’était faux. Il y avait bien un danger affectif et relationnel, et j’avais toujours un toit, de quoi manger, la capacité de travailler. Au plus fort de la douleur, on n’arrive pas toujours à prendre ce recul, et c’est normal. Dès qu’un peu de distance revient, la question apaise.
Le troisième défi est de se demander ce que l’on peut entreprendre : ce que cet événement nous appelle à apprendre, à explorer, à accepter. On est alors au tout début du voyage, et cette question lui donne une direction. Elle aide à redevenir l’actrice ou l’acteur de sa vie.
Il arrive que rien ne se passe autour d’une personne, et que quelque chose se brise en elle. La vie n’a plus le sens qu’elle avait. Elle ne sait plus à quoi croire. C’est la perte d’un idéal, une perte de sens. Je le rencontre souvent chez les personnes qui travaillent dans les soins : engagées pour aider et pour écouter, elles se retrouvent dans un environnement dont les priorités ont changé, et peu à peu leur travail n’a plus le même sens. La motivation s’en va, et cette perte de sens peut aller jusqu’à l’épuisement.
Un changement choisi en fait partie. Quitter son couple parce qu’un manque s’est installé, c’est une décision qui vient de l’intérieur. Et décider ne rend pas le changement plus facile : on porte en plus le poids de la responsabilité.
Ici, le premier défi est de comprendre le lien entre vos pensées et vos émotions, puisque ce sont le plus souvent les émotions qui font souffrir. Le deuxième est d’observer vers quel temps vos pensées se tournent. Prenons un licenciement. Si vos pensées partent sans cesse vers l’avenir, comment vais-je payer la maison, qui voudra encore de moi à 50 ans, c’est le signe que votre cerveau active son programme de survie : le défi est de calmer la peur. Si elles reviennent sans cesse vers le passé, l’entretien, les collègues, le plaisir que vous aviez à faire ce travail, c’est le signe d’un défi d’acceptation : quelque chose a pris fin. Le plus souvent, les deux alternent. La peur vient d’abord, jusqu’à ce qu’une forme de sécurité revienne, et l’acceptation de ce qui n’est plus vient ensuite. Chaque personne est unique : c’est une tendance, pas une règle.
Le troisième défi est de prendre conscience des perceptions et des croyances qui nourrissent vos pensées. Cela devient possible quand l’émotion s’est un peu apaisée, et l’on n’y arrive pas toujours seul. Moi qui connais ces processus, j’ai eu besoin, pendant ces épreuves, de consulter une personne qui m’aide à prendre du recul. Quand on a la tête dans le guidon, prisonnier de ses représentations, une personne extérieure pose les questions qu’on ne parvient pas à se poser. Il est utile aussi de se donner la permission d’en rencontrer plusieurs, jusqu’à trouver celle avec qui l’on se sent en confiance.
Il y a des moments où la vie nous demande d’accepter quelque chose d’inacceptable. Tant que c’est inacceptable, on ne peut pas l’accepter, et c’est normal. Et en même temps, on peut tenir les deux : savoir que la vie nous appelle à accepter, reconnaître qu’on ne le peut pas encore, et s’engager dans le voyage. Ce qui est inacceptable aujourd’hui ne le restera pas forcément.
Les contes, les mythes, les légendes, les livres sacrés sont sans doute la plus grande source de sagesse que l’humanité ait créée. Ils racontent le périple d’un personnage, et ils transmettent une expérience sans que l’on ait besoin de la revivre. C’est ainsi que l’humanité apprend, depuis toujours.
Joseph Campbell, spécialiste américain de la mythologie, a exploré ces histoires dans toutes les cultures. Dans son livre paru en 1949, « Le Héros aux mille et un visages » en français, il montre qu’elles partagent une même structure, celle qu’il appelle le voyage du héros. En voici les grands temps, tels que je les raconte.
Il était une fois, et tout va bien. Depuis l’enfance, nous savons pourtant qu’il va se passer quelque chose, sinon il n’y aurait pas d’histoire. Les dieux se mettent en colère et la pluie inonde la terre. Un requin entre dans la baie et dévore les poissons qui nourrissaient le village. L’événement prend mille formes, et la vie d’avant devient impossible : c’est l’appel.
Le héros commence par refuser l’appel. Il se dit que ce n’est qu’un mauvais passage, qu’il va s’en sortir sans partir. Toutes les histoires le racontent, et c’est rassurant : le refus est une étape normale. Le changement est parfois si brutal qu’on a d’abord besoin d’encaisser, de retrouver un peu de clarté et les pieds sur terre.
Puis le héros rencontre un mentor. Ce peut être une personne, un rêve, un livre, une histoire qu’on lui raconte. Le mentor n’est pas toujours tendre, et c’est lui qui donne l’élan de franchir le seuil.
Viennent alors les épreuves, les alliés et les ennemis : c’est le cœur de l’histoire, celui de tous les films. Jusqu’à l’ultime épreuve, que le héros a à traverser pour saisir l’objet de sa quête, le Graal, l’élixir, l’épée. Dans nos vies, cet objet porte d’autres noms : l’acceptation, le pardon, envers soi ou envers l’autre, la sécurité, la confiance. Enfin vient le retour à la maison, et l’intégration de ce qui a été trouvé dans le quotidien. Et la vie n’est pas un seul voyage : c’est une succession de voyages.
J’aime comparer le voyage du héros à une carte. Quand on explore une contrée nouvelle, la carte aide à savoir où l’on en est. Et l’on n’a pas besoin des mêmes ressources à chaque étape : dans le refus de l’appel, on n’a pas besoin de la même chose qu’au cœur des épreuves.
Ce voyage m’a aussi apporté de l’espoir, celui de savoir que je n’étais pas seul. Si l’humanité raconte cette histoire depuis la nuit des temps, c’est qu’elle tient à notre condition humaine, et non à une erreur que j’aurais commise. Personne ne peut faire le voyage à ma place. Et je ne suis pas seul dans le voyage. Il m’a aidé à ne plus lutter contre ce que je ne contrôle pas, et à chercher plutôt comment aller avec.
Connaître les étapes aide. Le plus grand défi reste de développer en soi les ressources qui permettent de les traverser. C’est là que j’ai ajouté les archétypes.
La notion d’archétype vient du psychiatre suisse Carl Gustav Jung. Pour lui, un archétype est une facette de la psyché humaine, que l’on retrouve dans toutes les cultures et toutes les légendes. Les personnages des grandes histoires en sont des symboles. Dans une démarche de développement personnel, j’y vois le symbole d’une ressource intérieure. On la représente comme un personnage extérieur, et l’idée est de la cultiver en soi, jusqu’à l’intégrer.
J’en ai retenu quatre, ceux qui m’ont aidé et qui m’aident encore, et dont j’ai constaté l’importance auprès des personnes que j’accompagne : le Guerrier, le Sage, le Magicien et le Guérisseur. Tous les quatre relient l’esprit et le corps. Ma tête seule ne suffit pas, mon corps seul non plus : c’est en les reliant que j’accède à mes ressources.
Le Guerrier apporte la force, la détermination, le courage et la discipline pour avancer. Sa discipline n’est pas de la rigidité, c’est un engagement. Je joue du saxophone, je médite chaque jour : ces pratiques me demandent de la rigueur, et elles ne me figent pas. Un guerrier figé est un guerrier vulnérable. Le vrai guerrier est souple, il s’adapte.
Son courage n’est pas aveugle. Un bon guerrier observe et analyse avant de s’engager. Il ne cherche pas à être le plus fort, il cherche à être le plus habile. Et il met sa force au service de quelque chose de plus grand que lui, la justice, la protection des plus vulnérables, avec un profond sens de l’honneur et de l’intégrité. Robin des Bois en est un parfait symbole : on l’a rarement représenté en montagne de muscles, et il a toutes les qualités du guerrier. Hollywood nous a parfois laissé une image plus caricaturale.
Sa posture est alignée et stable, ni relâchée ni rigide. Son mouvement part de son centre, au niveau du ventre, que connaissent bien les arts martiaux, les danseuses et les danseurs, le sport de haut niveau : le centre de gravité du corps.
Le Sage apporte le recul, la réflexion, la capacité de se poser les bonnes questions. Sa sagesse ne vient pas de ce qu’il sait : elle vient de sa capacité à observer. Il contemple, il est patient, il n’est pas pressé de trouver une réponse. C’est un peu le méditant.
Il est humble, et il transmet sans imposer. Pour moi, c’est un guide plutôt qu’un enseignant : il donne une direction, un éclairage, et vous laisse libre de le suivre ou non. Si vous ne le suivez pas, il ne se vexe pas. Il sait que chacune et chacun a besoin de faire ses propres expériences. Yoda, dans « Star Wars », en est une image : ses phrases ne sont pas des conseils tout faits, elles donnent à réfléchir.
Sa présence est calme, sa respiration lente et profonde. Il relie la raison et l’intuition, la sagesse de l’esprit et celle du cœur. Et il se sait relié à quelque chose de plus vaste que lui : sa sagesse lui vient aussi de son ouverture à ce qui le dépasse, au-delà de sa propre intelligence.
Le Magicien apporte la créativité, l’imaginaire, la capacité de transformer. Là où le Sage offre une perspective nouvelle sur ce qui est et où le Guerrier relève le défi, le Magicien pense en dehors du cadre et crée ce qui n’existait pas. Parfois, la force et la sagesse n’y suffisent pas, et ce dont on a besoin, c’est d’un changement de point de vue.
Je l’appelle volontiers le foufou de l’équipe. Il est joueur, il a de la malice dans l’œil, parce que la créativité et le jeu vont ensemble : je ne suis pas créatif quand je suis sérieux et coincé dans mon corps. Son pouvoir passe par un accessoire et par un geste précis : la baguette, ou le grand bâton que Gandalf frappe sur le sol dans « Le Seigneur des Anneaux ». Ce pouvoir ne vient pas de lui seul. Il vient de sa capacité à se relier à la force créatrice de la vie et à la faire passer dans un geste.
Voilà pourquoi le mouvement compte. Quand vous avez besoin d’inventer une issue, ne restez pas immobile : à mon sens, mettre du mouvement dans le corps éveille des ressources dans l’esprit.
Le Magicien a aussi son ombre : devenir amoureux de son pouvoir. Dans « Le Seigneur des Anneaux », l’un des magiciens bascule du côté sombre de l’histoire. C’est pour cette raison que le Magicien a besoin de responsabilité et de sagesse.
Le Guérisseur apporte l’empathie, la compassion, une présence chaleureuse et rassurante. Dans toutes les histoires, le héros est blessé à un moment ou à un autre. On représente la blessure comme physique, et elle peut être émotionnelle, affective, morale. Le Guérisseur nous apprend à prendre soin des parts de nous qui ont été blessées, par l’événement ou par le voyage.
Il perçoit où se trouve le déséquilibre, et il est pleinement présent. Sa compassion n’est pas du larmoiement : ce n’est pas baisser les yeux en disant « Oh, ma pauvre personne, vous avez mal ». C’est être pleinement là, accueillir la peur, la tristesse, la colère, avec une présence à la fois puissante et douce, qui dit : « Je suis là. » On ne peut pas porter la souffrance à la place d’une personne. On peut être là avec elle.
Il sait aussi donner et recevoir. En tant que thérapeute, je donne parfois ce dont la personne a besoin, et je suis prêt à recevoir ce qu’elle a besoin de me confier. Et c’est parfois le Sage qui conseille au héros de s’arrêter, et le Guérisseur qui prend soin de lui. Le voyage du héros n’est pas une course : on ne va pas plus vite que l’histoire.
On ne fait pas appel aux quatre en même temps. Quand j’ai besoin de courage et de discipline, je mobilise le Guerrier. Quand j’ai besoin de recul, je me tourne vers le Sage. Quand la force ne m’apporte rien et que j’ai besoin d’inventer, j’appelle le Magicien. Quand je suis blessé, je laisse place au Guérisseur. Ce sont quatre facettes d’un même ensemble, et c’est leur équilibre qui nous fait avancer.
J’ai consacré à ce chemin une formation en ligne, « Du chaos à la résilience avec le voyage du Héros ». J’y présente en détail les étapes du voyage du héros, et quatre séances d’hypnose méditative, une pour chaque archétype, aident à cultiver ces ressources en soi. Le webinaire dont cet article est issu est aussi disponible en vidéo. Ce qui aide la résilience au quotidien, je le décris dans l’article « La résilience se cultive : comment rebondir après une épreuve ».
Si vous accompagnez vous-même des personnes, le voyage du héros est au cœur de la spécialisation intitulée « Deuil, Perte & Transition de vie », dont il partage les étapes, et il est l’un des modèles pour construire une histoire dans le postgrade intitulé « Métaphore & Créativité ».
À la fin de ce webinaire, je souhaitais aux personnes présentes d’être les héroïnes et les héros de leur histoire. C’est ce que je vous souhaite aussi. Le changement qui vous appelle aujourd’hui, à quelle étape du voyage vous trouve-t-il, et de quel archétype avez-vous le plus besoin pour la traverser ?
Postgrade
Vous voulez utiliser la métaphore ou le storytelling sans savoir construire vos histoires ? Trois modèles vous y aident.
19 – 21 févr. 2027 · Vaumarcus
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Spécialisation
Quand un deuil se fige : l’écouter avec humanité, comprendre ce qui le bloque, le remettre en mouvement.
19 mai – 2 juil. 2028 · Vaumarcus
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