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Institut d’Hypnose Thérapeutique

Développement personnel

La résilience se cultive : comment rebondir après une épreuve

Denis Jaccard · mercredi 13 novembre 2024 · mis à jour le jeudi 22 octobre 2026 · 15 min de lecture

La résilience n’est pas une qualité que l’on aurait ou non. Dans cet article, tiré de mon webinaire, je partage ce qui l’influence et des habitudes simples pour la cultiver au quotidien, avant même d’en avoir besoin.

Elle s’est assise en face de moi et m’a tout raconté d’une traite. Une année plus tôt, son mari était parti, du jour au lendemain. Quelques mois plus tard, elle avait perdu son emploi. Et maintenant, c’était son corps qui l’inquiétait. Puis elle a ajouté, très raisonnablement : « Je sais bien que je dois accepter. Tout le monde me dit de lâcher prise. Je sais que je dois le faire, et je ne sais pas comment. »

Je n’avais rien de magique à lui offrir. Je ne pouvais pas lui dire que rien de tout cela ne s’était passé. Son mari était parti, elle avait perdu son emploi, et son corps était fragile. Ce qu’elle me demandait, au fond, c’était comment rebondir quand la vie ne laisse pas le choix.

J’accompagne des personnes depuis 2001, et s’il y a une chose que j’ai apprise, c’est qu’il n’existe pas de recette pour rebondir après une épreuve. Chaque personne est unique. J’ai aussi découvert que certains principes aident beaucoup plus que d’autres à favoriser la résilience. C’est ce que j’ai envie de partager avec vous.

Comment traverser un changement qui bouleverse tout, je le raconte dans l’article « Réinventer sa vie quand le changement bouleverse tout », à travers le voyage du héros. Ici, j’ai envie de parler de la résilience elle-même : ce qui l’influence, et comment la cultiver au quotidien, avant même d’en avoir besoin.

Ce que veut dire résilience

Le mot vient du latin resilire, qui signifie sauter en arrière, rebondir. Il a d’abord servi en physique des matériaux, au XIXe siècle : on y observe comment une pièce soumise à une contrainte se déforme, puis retrouve sa forme. L’image parle d’elle-même. Un choc, dans une vie, crée une forme de stress, et la résilience est la capacité à retrouver un équilibre après lui.

Une personne, elle, ne retrouve pas exactement sa forme d’avant. Elle n’oublie pas ce qui s’est passé. Une épreuve met le cerveau sens dessus dessous, comme une maison dont on aurait retourné tous les meubles : il a perdu ses repères, il ne sait plus à quoi se fier, il se sent en danger. La résilience, c’est recréer de nouveaux repères, une nouvelle sécurité intérieure. Quand cette sécurité se reconstruit peu à peu, le mode de survie s’apaise, et la personne retrouve de la sérénité, de la confiance, parfois de l’insouciance.

En psychologie, une femme a beaucoup compté : Emmy Werner, psychologue du développement à l’université de Californie à Davis. Avec son équipe, elle a suivi les 698 enfants nés en 1955 sur Kauai, une île de l’archipel d’Hawaï, de leur naissance jusqu’à l’âge adulte. Un tiers d’entre eux grandissaient dans des conditions très difficiles : la pauvreté, des conflits familiaux qui ne cessaient pas, un parent dépendant de l’alcool ou malade psychiquement.

On sait que des enfants qui grandissent ainsi risquent de reproduire, une fois adultes, ce qu’ils ont vécu, et certains l’ont fait. Pourtant, un sur trois de ces enfants est devenu un adulte compétent, confiant et bienveillant. Dans un article publié en 1993, Emmy Werner observe qu’ils avaient tous au moins une personne dans leur vie qui les acceptait sans condition. Et parmi celles et ceux qui avaient traversé une adolescence difficile, beaucoup ont eu une seconde chance à l’âge adulte.

Ce que j’en retiens, c’est que l’être humain a des ressources. Nous sommes capables de construire en nous des repères que personne ne nous a montrés en exemple. Et ce n’est pas réservé à l’enfance.

Ce qui influence la résilience

Nous ne sommes pas toutes et tous égaux face à la résilience. Chez certaines personnes, elle se construit presque spontanément, sans même y penser. Chez d’autres, elle demande davantage d’attention. Ce que j’observe, c’est qu’elle ne dépend pas seulement de l’intensité de ce que l’on a vécu : une personne peut traverser une épreuve terrible et rebondir, une autre souffrir longtemps d’un événement qui semblait moins lourd. Elle varie aussi au fil de la vie, sans lien avec l’âge : on peut se sentir fragile à vingt ans et beaucoup plus solide à cinquante.

J’observe trois facettes qui l’influencent.

La première est biologique. Sur elle, nous avons peu de prise.

La deuxième est psychologique : le sens que nous donnons à ce qui nous arrive. Dix personnes qui vivent le même accident de train ne lui donneront pas le même sens, et n’en vivront pas les conséquences de la même manière. Ce n’est pas l’événement qui fait la différence, puisqu’elles l’ont toutes vécu. Ce que le cerveau mémorise le plus, c’est le sens qu’il a donné à l’événement, souvent de manière automatique, dans les heures et les jours qui suivent le choc. Ce sens est associé à la survie, et le cerveau ne l’efface pas. Rebondir, ce n’est pas l’effacer, c’est apprendre à vivre les choses autrement, avec davantage de choix. J’utilise l’image d’une paire de lunettes, que je développe dans l’article « Pourquoi l’hypnose ericksonienne aide à changer quand la volonté ne suffit pas ». Cette facette-là évolue jusqu’au dernier jour de notre vie, et c’est celle sur laquelle nous avons le plus de prise.

La troisième est l’environnement social. Celui dans lequel j’ai grandi, je ne l’ai pas choisi. Il arrive aussi que les circonstances ne me laissent pas toutes les libertés. Et quand j’ai une part de choix, je peux me tourner vers des personnes qui m’écoutent, me soutiennent et me réconfortent. Les enfants de Kauai le rappellent : une seule personne peut compter.

Trois temps après une épreuve

Il y a une distinction que je fais souvent. Au moment où l’agression, l’accident ou le drame se produit, la personne est victime. Ce mot dit une réalité, et il donne un droit : celui d’être protégée. Quand le danger a cessé, elle devient survivante : elle a survécu, et elle est en sécurité. Et le jour où elle commence à construire quelque chose de nouveau à partir de ce qu’elle a vécu, elle devient l’héroïne ou le héros de son histoire.

Trois temps après une épreuve. Victime : l’épreuve se produit. La personne a droit à la protection. Survivante ou survivant : le danger a cessé. La personne est en sécurité. Héroïne ou héros : la personne construit quelque chose de nouveau à partir de ce qu’elle a vécu.

Il n’y a pas de calendrier pour passer d’un temps à l’autre, et personne n’a à se presser. Ce que j’observe, c’est que tant que je me considère comme une victime alors que le danger est passé, je reste tourné vers le problème. Passer au troisième temps, c’est assumer une responsabilité : non pas celle de ce qui m’est arrivé, celle de ce que je vais construire. C’est exigeant d’être l’héroïne ou le héros de sa vie. Le voyage du héros, que je raconte dans l’article sur le changement, en donne une carte.

L’acceptation ne se décide pas

Parmi ce qui demande le plus de courage, il y a l’acceptation de ce que l’on ne peut pas changer. On ne remonte pas le temps. Et lutter contre ce qui est arrivé épuise, parce qu’on lutte contre quelque chose sur lequel on n’a aucun pouvoir.

Je ne crois pas que l’on choisisse d’accepter. C’est une conviction que je porte : on chemine. Jour après jour, le cerveau trace un sentier qui n’existait pas encore, et dont on ne connaît ni la direction ni la longueur. Un jour, on repense à l’événement qui nous mettait en colère, et l’on constate, sans savoir comment, que quelque chose s’est apaisé. Le souvenir n’est pas devenu agréable. Il ne nous met plus dans le même état. Si ce chemin avait existé dès le départ, nous aurions accepté dès le premier jour.

C’est pour cette raison que la femme dont je parlais avait raison de ne pas savoir comment faire. Il n’y a pas de mode d’emploi pour accepter. Il y a des conditions qui permettent au cerveau de tracer son sentier plus facilement et plus paisiblement, et j’y viens plus loin.

Lâcher prise, un acte de courage

Le mot de lâcher prise, je ne l’aime pas beaucoup. Il se teinte souvent de résignation, comme si l’on abandonnait. Pour moi, c’est l’inverse : accepter son impuissance est l’un des actes les plus courageux qui soient.

Je me souviens d’un adolescent que j’ai accompagné. Il était différent de ses camarades, et cette différence lui valait des moqueries, parfois des coups. La direction de l’école pouvait exiger que les coups cessent. Personne ne pouvait obliger ses camarades à le considérer autrement. Un sourire, un geste peuvent faire mal sans toucher. Ce qu’il avait à accepter, c’était de ne pas pouvoir changer ce que les autres pensaient de lui, et cela lui demandait un courage immense. Pas un abandon.

Quand une personne que j’accompagne emploie ce mot, je le garde pourtant. Ce n’est pas le mot qui compte, c’est le sens qu’elle lui donne.

Se demander comment, plutôt que pourquoi

Quand je me demande « Pourquoi est-ce que je souffre ? », mes pensées partent vers le passé, là où se trouve le souvenir de l’épreuve, et chaque pourquoi le réactive un peu plus. Quand je me demande « Comment puis-je rebondir ? », elles se tournent vers l’avenir, qui n’est pas encore écrit et où quelque chose de mieux peut arriver. Il ne s’agit pas de mettre ce qui s’est passé sous le tapis : c’est là, et cela demande à être accueilli. Il s’agit de choisir où l’on dirige son attention. J’explique dans l’article « Pourquoi l’hypnose ericksonienne aide à changer quand la volonté ne suffit pas » pourquoi cette question du comment aide le cerveau.

C’est vrai aussi de la manière dont je me considère. Si je ne me définis qu’à travers ce qui me manque, le courage, la stabilité, la protection que je n’ai pas reçue, je me construis une représentation de moi limitée, et je me sens condamné à souffrir. Si je me demande quelles sont mes ressources, quelles expériences je peux mobiliser, quels amis je peux appeler, une autre représentation devient possible. À la fin des années 1990, le psychologue américain Martin Seligman a lancé ce que l’on appelle la psychologie positive, qui s’intéresse aux ressources d’une personne autant qu’à ses difficultés.

J’aime aussi l’idée d’un optimisme réaliste. Garder l’espoir, faire confiance aux ressources de son cerveau, sans se répéter chaque matin que tout va de mieux en mieux. Je le constate souvent en séance : l’impatience freine le changement plus qu’elle ne l’aide. Et la solution parfaite n’existe pas. On cherche plutôt celle qui a le plus d’avantages.

Le corps se souvient aussi

L’esprit et le corps ne font qu’un, et chacun peut influencer l’autre. J’ai été opéré dans les premières semaines de ma vie. Bien plus tard, au cours d’une psychothérapie, j’ai revécu ce moment, et ce n’est pas une démarche que je conseille. Le lendemain matin, j’avais mal à la cicatrice, comme si l’on venait de m’opérer. Je connais cette douleur, parce que j’ai été opéré d’autres fois depuis, et je m’en souviens parfaitement.

Ma conviction, depuis ce jour, est que le corps garde la mémoire de ce que nous avons vécu, parfois davantage que l’esprit, qui sait mettre certaines choses de côté pour nous permettre de vivre. C’est pour cette raison que le corps et l’esprit participent tous deux à la résilience.

Cultiver la résilience au quotidien

La résilience n’est pas seulement innée. Elle s’apprend, et elle se cultive à tout âge. Je pense qu’il est sage de la cultiver avant d’en avoir besoin, comme une hygiène de vie. La vie peut être belle, et en quelques instants devenir terrible. Sans aller jusqu’au drame, elle est faite chaque jour d’imprévus, de projets qui ne se réalisent pas comme prévu, parfois d’une trahison, qui déstabilisent notre cerveau. Cultiver sa résilience quand tout va bien, c’est déjà prendre soin de soi pour le jour où ce ne sera plus le cas.

Ce que je propose de cultiver, c’est la créativité du cerveau. Rien d’artistique ici : je parle de sa capacité à créer de nouvelles connexions, au cœur de ce que j’appelle l’approche neuro-créative, que je présente dans l’article « Créer plutôt que lutter : l’approche neuro-créative ». Quand vous avez appris à marcher, votre cerveau a créé des connexions. Quand vous prenez plusieurs fois la même route de vacances, au bout de quelques jours vous anticipez les virages sans l’avoir décidé. Tout apprentissage, tout changement est une création, et l’acceptation elle-même en est une : c’est le sentier que le cerveau crée. Plus sa créativité est entretenue, plus il trouve facilement de nouveaux repères.

Nourrir sa curiosité

La créativité a besoin de matière. Le velcro est né parce que l’ingénieur suisse Georges de Mestral s’est demandé comment les petites boules de bardane s’accrochaient à ses vêtements, puis a cherché à le reproduire. Les personnes qui ont su rebondir face aux épreuves de la vie sont, pour moi, les plus créatives qui soient, et elles partagent ce trait : la curiosité.

Elle se cultive simplement. Essayer une recette nouvelle, un auteur que l’on ne lit pas d’habitude, une musique que l’on n’écoute pas, un autre chemin de promenade, une conversation avec une personne que l’on ne connaît pas. Apprendre, sans chercher à tout savoir : juste donner à son cerveau de quoi créer.

Entrer dans un état modifié de conscience

Méditation, autohypnose : ces pratiques mènent dans un état modifié de conscience, qui agit comme un catalyseur de la capacité du cerveau à se réorganiser et à apprendre. Si le cerveau a été nourri avant, il a de quoi créer.

Chaque matin, avant d’ouvrir mon téléphone, je descends m’asseoir sur mon tapis et je médite, à mi-chemin entre la méditation et l’autohypnose. Je ne lis aucune nouvelle avant, pour ne pas remplir mon esprit d’informations souvent anxiogènes. Au début, c’était une exigence. C’est devenu une habitude, et même un besoin. J’observe depuis une forme de souplesse dans mon esprit, et je suis convaincu que cette pratique m’aide à traverser les moments difficiles.

Une fois dans cet état, je tiens une intention, volontairement floue : explorer des possibilités nouvelles, retrouver de la sécurité, de l’espoir, de la paix. Je ne cherche pas à contrôler ce qui vient. Parfois une idée arrive pendant la méditation, parfois deux jours plus tard, parfois rien. J’ai décrit cette manière de faire dans l’article « Pourquoi l’hypnose ericksonienne aide à changer quand la volonté ne suffit pas », comme on allume un phare.

Mettre du mouvement

Mettre du mouvement dans le corps met du mouvement dans l’esprit, je l’écris aussi dans l’article « Être son meilleur allié face à ses saboteurs intérieurs ». Je m’en suis rendu compte dès que j’ai commencé à animer des formations d’adultes, en 1996 : je marche dans la salle, je bouge les mains, et mes phrases se construisent plus facilement. Assis toute la journée, je trouve moins vite mes mots.

Pas besoin d’une salle de sport. Se lever de temps en temps, garer sa voiture un peu plus loin, danser cinq minutes dans son salon sur une musique qui vous donne de l’élan. Quand une question reste sans réponse dans votre tête, vous pouvez aussi la garder à l’esprit en marchant. Parfois quelque chose vient, parfois rien, et vous ne perdez rien à essayer.

Cultiver la gratitude et la compassion

Le soir, avant de vous endormir, notez trois choses pour lesquelles vous ressentez de la gratitude. Elles peuvent être toutes simples : le soleil sur votre visage, une musique qui vous a fait plaisir, un mot qui vous a donné de l’espoir. J’ai enregistré une séance consacrée à la gratitude, parmi les séances d’hypnose du site.

La gratitude est la reconnaissance de ce que l’on reçoit ; la compassion est ce que l’on offre. Le bouddhisme tibétain connaît une pratique, le tonglen, où l’on se représente la souffrance d’autres personnes, où l’on se laisse toucher par elle et où on leur adresse de la bienveillance et du soutien. La compassion envers soi, je la développe dans l’article « Culpabilité et honte : comprendre pour transformer ».

Toutes deux nous relient aux autres. Quand des personnes nous ont fait du mal, on peut finir par considérer tout lien comme une source de souffrance. Les liens peuvent l’être. Ils peuvent aussi être des lieux de partage, de rire, de soutien, de compassion. Ils sont les deux à la fois, comme la vie.

Prendre soin de son sommeil

Nos besoins de sommeil sont différents, et ils changent selon ce que nous vivons. Pendant le deuil de mes parents, j’ai eu besoin de beaucoup plus de sommeil, et j’ai essayé, sans toujours y arriver, de respecter ce besoin. Traverser une épreuve demande des ressources à l’esprit comme au corps, souvent sans que l’on en ait conscience.

S’autoriser à demander de l’aide

Demander de l’aide fait partie de la résilience : à une amie ou à un ami, à un groupe de parole, à une thérapeute ou à un thérapeute. C’est aussi redécouvrir que le lien peut être un lieu d’écoute et de compassion, et pas seulement de souffrance.

S’ouvrir à quelque chose de plus grand

Il y a enfin une idée qui m’aide beaucoup : je ne contrôle pas tout, et l’inspiration, le courage, l’apaisement peuvent venir de quelque chose de plus grand que moi. Je vous laisse lui donner le nom qui vous convient, la vie ou un autre. Tous les noms sont justes.

La Grèce antique parlait des Muses, qui venaient souffler des idées à l’oreille. Elles viennent quand elles le veulent, et l’on ne peut pas leur attacher un fil à la patte pour les appeler au besoin. Ce que j’observe, c’est que plus je me rends disponible, plus elles me visitent.

Pour les praticiennes et praticiens

Si vous accompagnez des personnes qui traversent une épreuve, ou si vous envisagez de le faire, la formation intitulée « Praticien certifié en hypnothérapie ericksonienne » permet d’apprendre à les accompagner en hypnothérapie, et la spécialisation intitulée « Deuil, Perte & Transition de vie » est consacrée aux pertes et aux transitions qui bouleversent une vie.

Le webinaire dont cet article est issu est disponible sur YouTube.

Et vous, quelle habitude aimeriez-vous commencer à cultiver, pour que votre cerveau ait de quoi créer le jour où il en aura besoin ?

Sources

  1. Emmy E. Werner, « Risk, resilience, and recovery: Perspectives from the Kauai Longitudinal Study », Development and Psychopathology, vol. 5, n° 4, 1993, p. 503-515

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