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Institut d’Hypnose Thérapeutique

Méditation

Hypnose ou méditation : quelle différence ?

Denis Jaccard · vendredi 13 juin 2025 · mis à jour le jeudi 22 octobre 2026 · 6 min de lecture

L’hypnose et la méditation se ressemblent tant qu’on me demande souvent laquelle choisir. Dans cet article, tiré de ma vidéo, je partage ce qui les rapproche dans le cerveau, et ce qui les distingue : l’intention.

« Hypnose ou méditation : laquelle choisir ? » On me pose souvent cette question, et elle en cache une autre : qu’est-ce qui les distingue vraiment ?

J’accompagne des personnes depuis 2001, et je médite chaque jour, sans interruption, depuis 2024. Avec le temps, je suis arrivé à une conviction : fondamentalement, il n’y a pas de différence entre une expérience hypnotique et une expérience méditative. Et en même temps, je nuance. Ce qui les rapproche se joue dans le cerveau. Ce qui les distingue, c’est l’intention.

Une précision de vocabulaire, d’abord. La pleine conscience est une forme de méditation, celle qui porte l’attention sur l’instant présent, sans jugement. Ici, je parle de la méditation au sens large, pleine conscience comprise.

Un même état, selon moi

La méditation, l’hypnose, l’autohypnose, la sophrologie, certaines transes chamaniques : pour moi, toutes ces approches reposent sur une même réalité, ce que la médecine appelle l’état modifié de conscience. Nous connaissons toutes et tous deux grands états. La veille, quand nous sommes debout, les yeux ouverts, actifs dans notre quotidien. Et le sommeil. L’état modifié de conscience en est un troisième : on n’y est ni complètement éveillé, ni complètement endormi.

Les ondes cérébrales, je les ai décrites dans l’article « Hypnose : ce qui se passe vraiment dans le cerveau ». Ici, je distingue deux grandes familles d’états modifiés de conscience, à partir de ce que l’on y vit. C’est ma lecture de praticien.

La première est celle de la détente. Quand j’écoute une musique relaxante, ou que je respire lentement pour relâcher mon corps et mon esprit, je me trouve entre la veille et le sommeil. Je suis un peu ailleurs, des images me viennent, comme dans un demi-sommeil.

La seconde est celle de la présence. La méditation, l’hypnose ou l’autohypnose peuvent aussi chercher l’inverse : ni s’endormir ni se détendre, mais être pleinement ici, dans l’instant. Dans le sport de haut niveau, on dit alors être « dans la zone ». On parle aussi d’état de flow. Pour moi, le flow est un état hypnotique : je le vis quand je joue du saxophone. J’en parle dans l’article « État d’excellence et état de flow : un art de l’instant ». Pour moi, cette présence, dans laquelle on entre en sécurité, est elle aussi un état génératif.

Une étude va dans ce sens. En 2004, l’équipe d’Antoine Lutz et de Richard Davidson, à l’université du Wisconsin à Madison, a enregistré l’activité cérébrale de huit personnes qui totalisaient entre 10 000 et 50 000 heures de méditation bouddhiste, et de dix étudiantes et étudiants qui la découvraient. Pendant une méditation de compassion, les personnes qui méditaient depuis longtemps produisaient des ondes gamma d’une amplitude nettement plus forte. L’étude est petite, et elle ne compare pas la méditation à l’hypnose. Elle montre au moins que méditer ne se résume pas à se détendre.

L’hypnose et la méditation reposent-elles sur le même état neurologique ? C’est ma conviction, nourrie par ma pratique et par ce que j’ai lu des neurosciences.

Ce qui change, c’est l’intention

Si l’état est le même, pourquoi deux noms ? Parce que l’on n’y entre pas pour la même raison.

En hypnose ou en autohypnose, on utilise l’état modifié de conscience dans un but précis : apaiser une douleur, se préparer à un défi, imaginer un résultat que l’on désire atteindre. Ce but se définit, et l’on peut savoir quand il est atteint.

En méditation, le but ressemble davantage à une intention : cultiver la présence, l’alignement, l’ouverture aux autres, la gratitude, la compassion. Il n’y a pas de moment où l’on peut dire : « J’ai atteint mon but. » La méditation développe une manière d’être. L’hypnose, le plus souvent, développe un savoir-faire, une capacité, une compétence.

Pour certaines personnes, la méditation porte aussi une forme de spiritualité, et chaque pratique s’accompagne d’une philosophie. Ces différences tiennent aux principes et aux intentions. Elles ne tiennent pas aux techniques.

Hypnose et méditation : un même état, deux intentions. Hypnose : un but précis que l’on peut définir et un effet qui peut être mesuré. Méditation : une intention ouverte, cultiver la présence, la gratitude, la compassion. Un même état : l’état modifié de conscience.

Les mêmes outils

Il n’existe pas mille manières d’amener son cerveau dans un état modifié de conscience. Quand j’ai étudié de plus près les principes de la méditation, j’y ai retrouvé ce que j’avais appris en hypnose il y a de nombreuses années. Dans ma méditation quotidienne, j’utilise les mêmes principes et les mêmes techniques.

En méditation comme en hypnose, on mobilise l’imaginaire : des visualisations, des métaphores, des histoires. Les traditions de méditation transmettent aussi par des histoires, et depuis Milton Erickson, l’hypnose raconte des histoires pour suggérer le changement. Nous n’avons rien inventé. Un outil découvert dans une pratique de méditation trouve sa place dans une séance d’hypnose, et l’inverse est vrai aussi.

Dans ma pratique, je choisis

Les personnes que j’accompagne viennent pour une séance d’hypnose. Selon ce qu’elles cherchent, la séance prend parfois une couleur plus méditative.

Quand le changement souhaité se définit clairement et qu’il se mesure, mon approche est plutôt hypnotique : il y a un but précis à atteindre. Quand ce que la personne cherche est plus flou, une forme de stabilité, de sécurité intérieure face à un futur que personne ne contrôle, il n’y a plus de point d’arrivée. Ce futur que l’on ne contrôle pas, je le décris dans l’article « Calmer l’anxiété : apprivoiser un futur que l’on ne contrôle pas ». Il s’agit d’apprivoiser l’inconnu, avec un peu plus de souplesse et de confiance. J’utilise alors ce que je pourrais appeler de la méditation. Les outils, eux, restent les mêmes.

J’ai enregistré une séance qui associe l’hypnose et la méditation de pleine conscience. Vous la trouverez parmi les séances d’hypnose du site.

Choisir l’une ou l’autre ?

Certaines personnes me demandent : « Est-ce que je dois choisir ? » Ma réponse est non. Vous n’avez à choisir ni une école, ni un modèle de pensée, ni une croyance. Ces pratiques sont des outils à votre service. Votre cerveau a des ressources, et apprendre à entrer dans un état modifié de conscience vous permet d’y accéder. Vous pouvez les cultiver pour développer une manière d’être, ou pour développer un savoir-faire.

Le plus important, c’est vous : découvrir comment ces approches, et la manière dont votre cerveau fonctionne naturellement, peuvent vous aider à mieux vivre.

Si vous accompagnez déjà des personnes, ou si vous avez envie de le faire, la formation intitulée « Les bases de l’hypnose ericksonienne » vous apprend à guider une personne vers l’état hypnotique, et à y entrer par vous-même. Le postgrade intitulé « Savoir-Être dans la relation d’aide » porte sur qui vous êtes dans la relation, et ses pratiques passent aussi par la méditation. La vidéo dont cet article est issu est disponible sur YouTube.

Et vous, dans quelle intention aimeriez-vous entrer dans cet état ?

Sources

  1. Antoine Lutz, Lawrence L. Greischar, Nancy B. Rawlings, Matthieu Ricard et Richard J. Davidson, « Long-term meditators self-induce high-amplitude gamma synchrony during mental practice », Proceedings of the National Academy of Sciences, vol. 101, n° 46, 2004, p. 16369-16373

Pour aller plus loin

À écouter

  • Séance pour développer la pleine conscience en hypnose

    Denis Jaccard · mercredi 26 septembre 2012 · 29 min

    Votre esprit court entre passé et futur ? Une séance pour l’entraîner à revenir au présent, à travers vos cinq sens.