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Institut d’Hypnose Thérapeutique

Hypnose

Pourquoi l’hypnose ericksonienne aide à changer quand la volonté ne suffit pas

Denis Jaccard · vendredi 12 janvier 2024 · mis à jour le jeudi 22 octobre 2026 · 15 min de lecture

Savoir ce que l’on voudrait changer et ne pas y arriver n’est pas un manque de volonté. Dans cet article, tiré de ma conférence en ligne, j’explique pourquoi l’hypnose ericksonienne aide le cerveau à apprendre une autre réponse.

« Je sais bien. J’ai compris que je devrais penser autrement, arrêter de répéter toujours les mêmes schémas. Et je n’y arrive pas. » Cette phrase, je l’entends très souvent. La personne qui la prononce n’est pas en train de se chercher des excuses. Elle a raison sur les deux points : elle sait, et elle n’y arrive pas.

Ce n’est pas un manque de volonté. Il y a une logique à ce blocage, une logique qui tient au fonctionnement même de notre cerveau. Et c’est elle qui explique pourquoi l’hypnose ericksonienne aide à changer, là où la volonté ne suffit pas.

Ce qu’est l’hypnose ericksonienne, ses trois ingrédients et ce que Milton H. Erickson a changé, je l’explique dans l’article « Qu’est-ce que l’hypnose ericksonienne ? ». Ici, j’ai envie de répondre à une autre question : pourquoi aide-t-elle à changer ?

Quand savoir ne suffit pas

Votre cerveau a une mission, la même chez toutes et tous, indépendamment de votre éducation ou de votre histoire : assurer votre survie. Pour vous alerter d’un danger, il dispose d’un signal, la peur. Je décris ce mécanisme plus en détail dans l’article « Hypnose : ce qui se passe vraiment dans le cerveau ».

Reste une question. Comment votre cerveau sait-il que ceci est dangereux, et cela non ? Il y a des peurs très anciennes, que nous partageons toutes et tous. Le monde a beaucoup changé, et les mécanismes de survie de notre cerveau beaucoup moins : nous ne croisons plus d’ours au coin de la rue, et notre cerveau continue de chercher le danger. Pour le reste, il l’a appris. Ce qu’il a appris, ce n’est pas seulement un événement. C’est le sens qu’il a donné à cet événement.

Car notre cerveau a une deuxième grande faculté : il adore apprendre. Il ne s’en lasse pas. Chaque fois que vous apprenez quelque chose, il tricote de nouvelles connexions entre ses neurones. J’aime ce verbe, tricoter : il dit bien la patience et la finesse du travail. Et ce qu’il a tricoté pour vous protéger, il le garde.

Le cerveau a trouvé une solution

Je vais vous raconter l’histoire d’un homme. Je l’ai composée à partir de plusieurs personnes que j’ai accompagnées, pour que personne ne puisse s’y reconnaître.

Il prend rendez-vous parce qu’il a peur de parler en public, l’une des peurs les plus répandues. Compétent, apprécié, il a progressé dans son entreprise jusqu’au jour où on lui a confié la responsabilité d’une équipe. Une consécration. Et désormais, il doit prendre la parole : devant son équipe, devant la direction. À chaque fois, c’est la catastrophe. Il perd ses moyens, il bredouille, il mélange les notes qu’il avait pourtant soigneusement préparées.

Je le questionne, parce que je suis curieux, et à un moment je lui pose une question qui peut sembler banale : « Y a-t-il eu un moment dans votre vie où être Monsieur Silence a été la meilleure solution ? » Il réfléchit quelques secondes. Puis il me dit : « Ah, j’ai trouvé. »

Enfant, il était d’une curiosité sans fin. À la maison, il passait ses journées à demander « pourquoi ». Il attendait l’école avec impatience, convaincu qu’il pourrait y poser toutes les questions qu’il voulait. Il découvre qu’à l’école, on lève la main et l’on attend son tour. Il essaie, il n’y arrive pas. Un matin, il pose une question sans lever la main. L’enseignante, ce jour-là, se met en colère : « J’en ai assez de toi. Je ne veux plus t’entendre. Sors ! » Il se retrouve seul dans le couloir. Et à la récréation suivante, quelques camarades, lassés eux aussi de ses questions, s’en prennent à lui.

Il a trouvé la solution parfaite : Monsieur Silence. Je ne parle pas, on ne m’entend pas, je suis en sécurité. À la maison, rien ne change, il continue à poser autant de questions. À l’extérieur, il se tait. Et ça marche. Il réussit ses études, ses résultats sont parmi les meilleurs, et personne ne sait vraiment qui il est.

Que s’est-il passé, quand il avait sept ou huit ans ? Son cerveau a vécu un danger, et il a appris de cette expérience. Il lui a donné un sens : si je parle, je suis en danger ; pour être en sécurité, je me tais. Quand le cerveau a trouvé une solution qui fonctionne, il la répète, encore et encore, sans la remettre en question. Elle a assuré sa sécurité. Pourquoi l’abandonnerait-il ?

Tout s’est compliqué le jour où le contexte a changé. Pour garder sa place, il a besoin de parler. Une part de lui le sait, c’est même pour cette raison qu’il a demandé de l’aide. Et pourtant, chaque fois qu’il doit prendre la parole, son cerveau déclenche la peur, parce que pour lui, parler reste dangereux. Sa volonté consciente ne suffit pas à changer ce que son cerveau a appris il y a si longtemps.

Le cerveau n’efface pas, il apprend autre chose

On imagine souvent qu’oublier serait la condition pour changer. Le cerveau n’est pas conçu pour effacer, avec ou sans hypnose : je l’explique dans l’article consacré aux bases de l’hypnose ericksonienne. Ce qu’il a appris pour nous protéger, il le garde. Et il garde toujours la capacité d’apprendre quelque chose de nouveau.

Plus on répète un apprentissage, plus les connexions se renforcent. Vous avez appris un jour à faire du vélo, avec des chutes, des hésitations, peut-être des peurs. Même si vous ne remontez pas sur un vélo pendant des années, le jour où vous le faites, vous découvrez que vous savez encore. Monsieur Silence, lui, a entraîné sa solution pendant toute sa scolarité, puis pendant ses premières années de travail. Elle a fait ses preuves.

Une seconde paire de lunettes

J’aime prendre l’image d’une paire de lunettes. Notre homme a appris à considérer le monde avec une certaine paire. Avec elle, les personnes assises autour de la table, qui l’écoutent et attendent qu’il parle, sont des dangers potentiels. Quand il me dit « j’ai bien essayé de me convaincre que personne ne me veut de mal, et c’est plus fort que moi », il a raison. C’est normal que ce soit plus fort que lui : il n’a qu’une seule paire de lunettes. Avec elle, il ne peut percevoir ces personnes que d’une seule manière.

Si, en état hypnotique, il peut apprendre une seconde paire de lunettes, il aura la possibilité de percevoir la même situation autrement. La première paire est toujours là. Il ne l’a pas jetée, il ne l’a pas oubliée. Simplement, il a le choix. Et quand le cerveau a le choix, il choisit ce qui est le plus approprié. Tant qu’il n’a qu’une seule paire, il n’a pas de choix.

Le mot « maison »

Quand ma fille commençait l’école, elle est rentrée un midi tout excitée. La maîtresse leur avait appris le mot « maison », et elle en avait fait un dessin, avec une cheminée, un jardin et un chien dans le jardin. Curieux, je lui ai demandé comment le mot s’écrivait. « M, è, s, o. » Son dessin était magnifique, et le mot s’écrivait autrement. Alors nous l’avons réappris : nous l’avons épelé, chanté, dansé, dessiné.

Quelques semaines plus tard, elle a ramené une petite dictée à préparer, et le mot « maison » y figurait. Je la lui dicte. Elle forme le M, puis elle s’arrête et lève les yeux vers moi : « Papa, tu te souviens quand je t’ai dit que maison s’écrivait M, è, s, o ? Maintenant, je sais comment il s’écrit : M, a, i, s, o, n. »

Elle se souvenait parfaitement de ce qu’elle avait appris faux, et tout aussi parfaitement de l’orthographe juste. Et elle avait le choix. Le cerveau n’a pas besoin d’oublier pour apprendre quelque chose de nouveau.

Ce que l’imagerie montre de l’état hypnotique

Ce qui se passe dans le cerveau en état hypnotique commence à s’observer. Dans une étude publiée en 2017, l’équipe du psychiatre David Spiegel, à l’université Stanford, a examiné en imagerie par résonance magnétique fonctionnelle le cerveau de 57 personnes, choisies parmi 545 volontaires. Chez les personnes très réceptives à l’hypnose, et pendant l’hypnose seulement, trois changements apparaissent. L’activité diminue dans une zone qui participe à repérer les conflits et ce qui mérite notre attention. Les liens se renforcent entre une zone du cortex préfrontal qui contrôle et planifie, et l’insula, qui relaie les sensations du corps. Et les liens diminuent entre ce même cortex préfrontal et un réseau très actif quand nous pensons à nous-mêmes. Les auteurs rapprochent ces changements de ce que vivent les personnes en état hypnotique : une attention absorbée, une influence accrue sur le corps et les émotions, une conscience de soi qui passe un peu à l’arrière-plan.

Cette étude ne mesure pas la capacité à apprendre. Elle compare aussi les personnes qui répondent le plus et le moins à un test standardisé. Je reste convaincu que toute personne peut entrer dans l’état hypnotique, pour autant que la praticienne ou le praticien s’adapte à elle. Ce que j’en retiens, c’est l’idée d’un état où le cerveau évalue moins, s’absorbe davantage et laisse plus de place à l’expérience. Pour moi, l’état hypnotique agit comme un catalyseur de la capacité du cerveau à se réorganiser et à apprendre. C’est ce que j’observe en séance depuis que je suis devenu hypnothérapeute, en 2003.

Utiliser plutôt que lutter

Très souvent, les personnes que j’accompagne cherchent à lutter contre ce qui les dérange. C’est une réaction naturelle, et ce n’est pas le mode de fonctionnement du cerveau. J’aurais même tendance à dire que plus on lutte contre les choses, plus on les renforce. J’y reviens dans l’article « Être son meilleur allié face à ses saboteurs intérieurs », consacré à la lutte contre soi.

Erickson a inspiré ce que l’on appelle les thérapies brèves. On peut résumer leur question de fond ainsi : comment aller mieux ? D’autres approches se demandent plutôt : pourquoi est-ce que ça va mal ? Aucune des deux n’est plus juste que l’autre. Ce sont deux manières d’envisager le changement. Dans ma pratique, j’observe que lorsque le cerveau se pose la question « comment puis-je créer une nouvelle paire de lunettes ? », il trouve plus facilement son chemin que lorsqu’il cherche pourquoi il porte la première. On peut très bien comprendre pourquoi on a peur de parler en public, se souvenir de ce qui s’est passé à l’école, et ne pas trouver pour autant la manière de vivre les choses autrement.

Quand j’explique à une personne que notre travail consistera à découvrir comment elle peut utiliser le problème qui l’amène pour apprendre ce qui lui manque, et avoir plus de choix dans sa vie, elle ouvre parfois de grands yeux. On imagine volontiers que l’on change en se battant, en forçant. Le cerveau apprend mieux quand on lui offre l’occasion d’apprendre. Le problème n’est plus un ennemi : il devient une occasion d’apprendre quelque chose. C’est ce qu’Erickson appelait le principe d’utilisation.

Une peur protège

Les peurs qui bloquent sont très nombreuses. Certaines sont bien connues : la peur du vide, de parler en public, d’un insecte. D’autres sont plus subtiles : la peur d’être jugé ou jugée, critiquée ou critiqué, rejetée ou rejeté, la peur de se tromper, de décevoir, de ne pas être à la hauteur. Toutes ont un point commun. Elles sont une solution que le cerveau a trouvée, un jour, pour survivre. Survivre physiquement, et aussi survivre dans une relation, survivre affectivement, émotionnellement. La peur tournée vers l’avenir, l’anxiété, je la décris dans l’article « Calmer l’anxiété : apprivoiser un futur que l’on ne contrôle pas ».

J’en suis convaincu, et ma pratique me le confirme depuis des années : il n’est pas nécessaire de savoir d’où vient une peur pour qu’elle puisse changer. Il arrive souvent que, pendant le questionnement, la personne fasse le lien d’elle-même : « Ah, je sais d’où ça vient. » C’est bien. Et quand elle ne le sait pas, chercher à tout prix la cause peut devenir une quête qui fait replonger dans un passé parfois douloureux. Il existe une réponse, quelque part, et elle n’est pas toujours accessible à la conscience. Comme il existe bien d’autres chemins vers le changement, je préfère commencer par eux.

Ce qui m’importe, c’est de garder à l’esprit qu’une peur a une fonction de protection. Cela ne veut pas dire qu’on doive la garder toujours. Cela veut dire qu’en luttant contre elle, on met le cerveau encore plus en danger : on lui retire le seul moyen qu’il a trouvé pour nous protéger.

Voilà pourquoi je commence par découvrir la paire de lunettes avec laquelle la personne vit les choses. Je la questionne avec une grande curiosité. Comment considère-t-elle la vie : comme un défi, comme une occasion ? Et elle-même : comme une personne compétente, comme une personne qui a des manques, qui a le droit d’apprendre, ou qui se doit d’être parfaite ? Il n’y a pas de paire juste ou fausse. C’est en découvrant celle qu’elle porte aujourd’hui que je comprends en quoi sa peur la protège. Et c’est à partir de là que son cerveau peut apprendre à vivre les choses autrement.

Remettre du mouvement dans ce qui s’est figé

Un jour, une personne me consulte parce qu’elle ne peut plus prendre l’autoroute. Les petites routes, ça va encore. L’autoroute, c’est impossible. Tout a commencé par les tunnels. Elle me raconte qu’un jour, au volant, dans un tunnel, elle a entendu une énorme explosion et senti une odeur horrible : un pneu venait d’éclater. Elle ne sait pas très bien comment elle a gardé le contrôle de sa voiture et réussi à s’arrêter sur le côté. Elle n’a pas été blessée. Elle s’est fait la frayeur de sa vie.

Quand notre cerveau vit un événement de ce type, il comprend que la survie a été en jeu. Alors il mémorise au maximum tout ce qui était présent à ce moment-là, pour pouvoir anticiper si cela se reproduisait. Il associe le tunnel au danger de mort. Puis il généralise, comme il sait si bien le faire : d’abord le tunnel, quelques mois plus tard l’autoroute, parfois la voiture tout entière.

On parle souvent d’une mémoire figée. Quand on demande à une personne si elle se souvient de cet événement, elle répond volontiers : « Je sais que plusieurs années ont passé, et j’ai l’impression que c’était hier. » Le temps semble n’avoir aucune prise sur ce souvenir.

Pour moi, la première étape consiste à remettre du mouvement dans ce schéma. Pour cela, je demande à la personne de suivre des yeux un mouvement de gauche à droite, puis de droite à gauche : ce que l’on appelle aujourd’hui des stimulations bilatérales. Le geste me fait penser au pendule, peut-être l’objet le plus connu de l’histoire de l’hypnose. Je n’utilise pas de pendule, je n’ai pas très envie de ressembler à un hypnotiseur du XIXe siècle. J’utilise ma main, que la personne suit des yeux, tranquillement.

Ma lecture de ce qui se passe, c’est que ce mouvement assouplit le schéma. Il ne l’efface pas. Il le rend moins figé, il crée de l’espace en lui. Et une fois cet espace créé, la deuxième étape devient possible : apprendre à vivre la situation autrement, créer cette seconde paire de lunettes.

En autohypnose, une question comme un phare

On me demande souvent si l’on peut faire cela seul. Entrer dans l’état hypnotique par soi-même est assez simple. Asseyez-vous, choisissez un point de repère à votre gauche et un autre à votre droite, et faites aller vos yeux de l’un à l’autre, tranquillement, sans vous presser, cinq ou six fois, parfois dix. Il viendra un moment où vos yeux auront envie de se fermer, où votre respiration changera, où vous ressentirez une forme de lourdeur ou de légèreté. Laissez alors vos yeux se fermer.

La difficulté de l’autohypnose est ailleurs : que faire, une fois dans cet état ? En séance, c’est moi qui construis les suggestions, à partir de tout ce que le questionnement m’a appris. Seul, on se demande ce que l’on devrait se dire, on rouvre les yeux pour relire ses notes, et l’expérience s’interrompt. C’est souvent ce qui décourage.

La manière que je trouve la plus simple, je l’appelle le principe de l’intention. Il consiste à se poser une question qui correspond à ce que l’on a besoin d’apprendre. Par exemple : « Comment puis-je prendre la parole en me sentant en sécurité ? » Rationnellement, vous n’avez peut-être pas la moindre idée de la réponse. Et vous pouvez faire confiance aux ressources de votre cerveau pour tricoter les connexions qui vous en rapprocheront. La formulation parfaite n’existe pas : ce qui compte, c’est qu’elle ait du sens pour vous.

Vous entrez dans l’état hypnotique avec cette question, comme on allume un phare au milieu de l’océan. Le marin qui part en mer ne connaît pas encore son chemin. Il dépendra des vents et des courants. Il tirera des bords, de gauche, de droite, fera des détours. Et il garde toujours le phare en vue, parce que c’est là qu’il veut aller. Moi-même, quand je pratique l’autohypnose, soit j’enregistre ma séance à l’avance, soit j’utilise ce principe de l’intention.

Pour les praticiennes et praticiens

Il m’a fallu du temps pour comprendre pourquoi je me suis senti chez moi dès ma première formation en hypnose ericksonienne. C’est le jazz qui me l’a appris. Comme en musique, on improvise : chaque séance se crée sur l’instant, à partir de ce que la personne apporte, et aucune ne ressemble à une autre.

Si vous accompagnez des personnes, ou si vous envisagez de le faire, c’est ce que j’ai envie de vous transmettre : comprendre la logique de la solution que le cerveau a trouvée, puis l’aider à apprendre ce qui lui manque. La formation intitulée « Les bases de l’hypnose ericksonienne » permet d’en vivre les premiers pas, pendant deux jours. Si les peurs vous intéressent tout particulièrement, la spécialisation intitulée « Phobie, Peur & Anxiété » leur est consacrée. La conférence en ligne dont cet article est issu est disponible sur YouTube.

Votre cerveau a trouvé, un jour, une solution pour vous protéger. Quelle seconde paire de lunettes aimeriez-vous lui offrir ?

Sources

  1. H. Jiang, M. P. White, M. D. Greicius, L. C. Waelde et D. Spiegel, « Brain Activity and Functional Connectivity Associated with Hypnosis », Cerebral Cortex, vol. 27, n° 8, 2017, p. 4083-4093

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